Manuel d’urbanisme durable du secteur Urbanova à Terrebonne

Outil d’urbanisme d’ici inspiré des meilleures pratiques d’ailleurs

© Ville de Terrebonne

À la suite de l’adoption du plan directeur encadrant le projet Urbanova, la Ville de Terrebonne a poursuivi ses efforts pour élaborer une nouvelle réglementation d’urbanisme. Inspirée des pratiques de développement durable, cette réglementation est axée sur une approche multidisciplinaire et intégrée. En trois ans, la Ville a investi beaucoup d’énergie dans cet outil adapté à son contexte. Il s’agit donc d’un projet revisitant en un seul document les différents éléments de la LAU, des lignes directrices ontariennes, du Form-Based Code américain et de l’approche européenne d’évaluation de projet.

Un cadre réglementaire intégré, durable et adaptable

Le Manuel d’urbanisme durable (MUD) est un guide servant à accompagner les promoteurs durant tout le processus de planification. Il permet une application réglementaire facilitée auprès des déve-loppeurs et des citoyens. La démarche est participative et constructive en vue d’un aménagement à la fois innovant et optimal du territoire. Le document s’appuie sur une réglementation intégrée ayant comme philosophie un équilibre entre le normatif et le discrétionnaire.

Le MUD recoupe et remanie les pouvoirs habilitants prévus à la LAU en fusionnant zonage, PPU et guide illustré en un même règlement, sous la forme de lieux de transition « Transects » (zonage), et en plans d’aménagement de Transects « PAT » (PAE).

Ainsi, ce regroupement de l’ensemble de l’information pertinente au sein d’un même document cohérent permet d’accompagner les promoteurs tout au long du processus de planification et d’offrir une application simplifiée auprès de la clientèle.

Un puissant moyen de sensibilisation vers un développement plus durable

Servant à la fois d’outil de planification et de guide de bonnes pratiques, le MUD stimule les projets audacieux et sensibi-lise la population, la classe politique et les promoteurs/investisseurs aux enjeux de performance de chacun des piliers de l’approche transversale en urbanisme durable. C’est pourquoi ce cadre réglementaire, adaptable et permettant d’accompagner efficacement un projet de développement, contribue à la diffusion de l’urbanisme durable comme enjeu du 21e siècle. Entré en vigueur en 2018, il est trop tôt pour tirer des apprentissages de son application. Il n’en demeure pas moins que le document et les lignes directrices sous-jacentes ne manqueront pas d’intéresser d’autres villes souhaitant revoir leur réglementation concernant les territoires à développer.

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Michel Larue, urbaniste, directeur
Direction de l’urbanisme durable

Plan de développement urbain, économique et social Turcot

Une démarche participative pour améliorer la qualité de vie au sein des quartiers aux abords de l’échangeur

© Arrondissement Le Sud-Ouest

Étant donné son envergure et sa localisation en plein cœur d’un milieu urbain, le futur échangeur Turcot aura des répercussions sur les quartiers adjacents. Pour y faire face, une démarche de planification concertée a été réalisée, sur une durée de deux ans, par la Direction de l’aménagement urbain et du patrimoine de l’arrondissement du Sud-Ouest.

Une démarche de planification hautement participative et concertée

L’approche de réalisation retenue pour le Plan de développement urbain, économique et social – Turcot (PDUÉS) a été développée en collaboration avec l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). En amont de l’élaboration du plan, un premier volet de consultation a permis de contacter 2 200 personnes. Pour faire suite à cette consultation, une plateforme Web fut lancée afin de maintenir le dialogue avec les citoyens tout au long de la rédaction du premier jet.

En parallèle, un comité de suivi composé d’organismes des quartiers concernés et de représentants de l’arrondissement fut mis sur pied afin d’échanger sur les pistes d’action et d’orienter l’élaboration du plan. Face aux inquiétudes de la population, l’arrondissement s’est associé avec la Direction régionale de santé publique pour encadrer certains travaux du plan.

En 2017, le deuxième volet de la consultation a permis de soumettre le document préliminaire à la population. La version définitive du document, adoptée en mai 2018, présente une stratégie d’intervention qui s’articule en six grands axes et un plan concret de trente-deux actions.

Renouveler la participation avec des outils intégrés

L’utilisation d’une variété d’outils placée à la disposition du public, pour recueillir les idées et les préoccupations, a permis de maintenir la participation citoyenne tout au long du processus de planification. De plus, cette approche a eu comme résultat d’établir une compréhension commune des enjeux et ainsi d’éviter des surprises majeures lors du second volet de consultation.

Les nombreux échanges accomplis lors de l’élaboration du plan ont mis la table pour une collaboration qui pourra se poursuivre tout au long de sa mise en œuvre. Une version interactive du plan d’action et une maquette 3D permettent aux citoyens de s’informer sur la réalisation et l’évolution du PDUÉS.

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Sylvain Villeneuve, urbaniste
Directeur de l’aménagement urbain et du patrimoine | Arrondissement Le Sud-Ouest

Gestion de la crise des inondations de 2017 à Rigaud

Gestion intégrée et collaborative du rétablissement des inondations historiques à Rigaud

© Josiane Pharand (séance de photographie en hélicoptère en date du 4 mai 2017)

Les crues historiques du printemps 2017 de la rivière des Outaouais ont endommagé un nombre important de propriétés riveraines dans plus de deux cents municipalités. Ce sinistre a engendré la mise en place d’un processus de rétablissement et de gestion des demandes de réparations des dommages. C’est aussi dans ce climat d’urgence que les citoyens ont dû s’informer et comprendre les dispositions de l’aide financière, des mesures d’urgence, ainsi que de la réglementation en vigueur.

Un projet de centralisation des ressources pour optimiser le service

C’est dans ce contexte de mesures d’urgence que la Municipalité a centralisé ses ressources et a ainsi pu gérer plus efficacement les demandes des citoyens, tant sur le plan humanitaire que communicationnel. La Ville de Rigaud a donc décidé d’engager une firme, Infra Planification urbaine, pour mettre en œuvre un outil de gestion de crise. Grâce à cette approche de gestion, il a été possible de répondre plus efficacement à la situation en distribuant l’aide humanitaire d’une façon équitable entre les citoyens, et ce, sans compromettre les services habituels de la Ville. La mise en place d’une véritable cellule de crise a permis aussi une gestion intégrée et collaborative entre les différentes parties prenantes du processus de rétablissement.
Un nouveau modèle de gestion en temps de crise
Le travail conjoint de l’équipe de la cellule de crise (inspecteurs en urbanisme et gestionnaires) avec le Service d’urbanisme de la Ville de Rigaud, ainsi que les services de la Croix-Rouge canadienne, du CSSSMO et de l’Armée du Salut, a mené à une gestion intégrée et efficace des dossiers et a permis une meilleure résilience. En effet, s’il peut être difficile pour un citoyen en temps normal de trouver de l’information sur la distribution de l‘aide humanitaire ou de comprendre la réglementation municipale, en période de crise cela se complique. Cette méthode intégrée des services a su distribuer l’information simplifiée, ce qui a assuré la compréhension du processus décisionnel derrière l’attribution de permis de rénovation ou la décision de démolition. Ainsi, les sinistrés étaient pris en charge par les différentes instances et ont reçu l’aide nécessaire pour un rétablissement efficace et rapide.

Les retombées de la démarche

Après la crise, il est évident que la centralisation des demandes a permis de mieux orienter les citoyens sur la réglementation municipale en zone inondable. Dans un contexte de changements climatiques et de risques accrus de sinistres, ce modèle de gestion reproductible et adaptable est un pas de plus vers la résilience urbaine.

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Manel Djemel, urbaniste-stagiaire

Sentier linéaire de la traverse du coteau à Chicoutimi

L’urbanisme participatif au service de l’aménagement urbain

© CEUM

Traversant en diagonale le centre-ville de l’arrondissement Chicoutimi, la traverse du Coteau, une ancienne emprise de chemin de fer du Canadien National cédée à la ville dans les années 1980, était un sentier informel non entretenu depuis plusieurs années. En 2012, la Ville de Saguenay a commandé une étude sur l’utilisation du sentier. À la lecture des résultats, il est apparu que le sentier était très utilisé et apprécié des citoyens du centre-ville.

Avec l’appui du conseiller de la ville Simon-Olivier Côté, de l’Agence de la santé publique du Canada, de la Ville de Saguenay et du Centre d’écologie urbaine, le Comité du parc linéaire (COPAL) fut mis sur pied afin de regrouper diverses parties prenantes (citoyens, ville, organismes communautaires) dans le but d’aménager un sentier linéaire répondant aux besoins du milieu.

La participation publique comme outil de créativité

La participation citoyenne fut au cœur de ce projet, à la fois pour cibler les besoins de la population locale et pour faire preuve de créativité dans les nouvelles utilisations de cette infrastructure. Par exemple, la question de la sécurisation de certaines intersections fut soulevée, ce qui a mené à un exercice interprofessionnel pour trouver des solutions.

Du côté des initiatives citoyennes, une marche exploratoire, du mobilier urbain conçu par un artiste et un espace de mangeoires pour oiseaux fabriquées par des enfants du quartier sont quelques-uns des projets mis en œuvre pour redynamiser cet espace.

Une initiative qui sensibilise et fait avancer la participation publique à Saguenay

Au-delà du simple aménagement physique, il s’agissait d’une première vraie expérience d’aménagement collaboratif dans l’arrondissement de Chicoutimi – et pour la Ville de Saguenay, de manière plus générale. Cette expérience a pavé la voie à une plus grande ouverture des divers services municipaux à la participation citoyenne et a même mené à un chantier visant l’élaboration d’une procédure de participation citoyenne pour de futurs projets, dans le cadre de la révision du schéma d’aménagement et de développement de la ville. D’un projet ponctuel émanera peut-être de nouvelles pratiques de participation citoyenne plus systémiques dans la région.

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Marie-Christine Tremblay, urbaniste

Projet de protection et de réhabilitation du littoral de l’anse du sud de Percé

S’adapter aux changements climatiques tout en protégeant le patrimoine paysager

© Ville de Percé

Depuis plusieurs années, la Ville de Percé cherchait une solution durable pour protéger son littoral contre les tempêtes maritimes et l’érosion côtière, dont l’impact s’accentue dans un contexte de changements climatiques. À la suite des dommages importants aux infrastructures publiques et aux résidences locales lors d’une tempête en 2016, la municipalité a entrepris avec l’appui des divers paliers de gouvernement un projet de réhabilitation de la côte accompagné de nouveaux aménagements urbains plus résilients.

Le projet a été réalisé rapidement dans un contexte d’urgence lié aux dommages causés aux infrastructures municipales et au risque économique d’une baisse du tourisme. Malgré tout, ce projet a obtenu l’adhésion d’une grande variété de partenaires, dont divers paliers de gouvernement et groupes de recherche, ainsi que de la population de Percé.

Aménager en s’inspirant de la nature, une solution à plusieurs problèmes

La particularité de ce projet de réhabilitation est la volonté des divers partenaires d’expérimenter une nouvelle méthode de lutte à l’érosion côtière et de s’éloigner des pratiques conventionnelles dans un contexte d’urgence. Le vaste projet dépassait la réfection de l’ancienne promenade. Plutôt que de continuer dans les pratiques d’artificialisation des côtes par des structures rigides comme les murs de béton, ce projet s’est inspiré des infrastructures naturelles en créant une recharge de plage en galets sur une longueur de neuf cents mètres, puis a mis celle-ci en valeur en réaménageant une partie des infrastructures touristiques du centre-ville, avec entre autres un nouveau parc municipal ainsi qu’une promenade afin de remplacer les structures endommagées et mettre en valeur les nouveaux aménagements côtiers.

Un projet exemplaire au grand rayonnement

L’exemplarité de ce projet – autant dans son aspect technique de prévention des effets des changements climatiques que par l’implication de partenaires gouvernementaux, privés, scientifiques et civils – lui a valu une place dans le rapport annuel de RegionsAdapt, une initiative émanant de COP21, ainsi que d’être présenté à titre d’exemple de bonne pratique dans plusieurs colloques et congrès. Globalement, ce projet a démontré la capacité d’initiative et d’adaptation des communautés locales face aux risques générés par les changements climatiques.

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Ghislain Pitre
Directeur du Service d’aménagement et urbanisme à la Ville de Percé