Joujouthèque extérieure du corridor vert des cinq écoles

UNE APPROCHE MULTIPALIER POUR AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE DES ENFANTS
© SOVERDI

L’arrondissement de Montréal-Nord travaille fort pour implanter des initiatives vouées à améliorer les milieux de vie de ses citoyens, à briser l’isolement chez les populations vulnérables et à combattre les îlots de chaleur et autres problématiques environnementales pro-pres aux milieux urbains denses. Le projet du Corridor vert des cinq écoles est l’une des belles initiatives adoptées à ces fins. Le Corridor vert s’étend sur un demi-kilomètre carré et est constitué de cinq écoles, de deux parcs, de la Maison culturelle et communautaire, d’un aréna et d’une piscine publique. C’est plus de 6000 écoliers, parents, enseignants et résidents qui y transitent chaque jour de la semaine. Il s’agit d’un projet développé sur plusieurs années et ayant fait l’objet de multiples interventions. La Joujouthèque est l’une des interventions menées en 2017. Mettant à profit un espace dont l’utilisation est habituellement limitée dans le temps et réservée aux élèves, la Joujouthèque, installée dans une cour d’école, permet de favoriser l’usage partagé d’un lieu. Par sa programmation, elle s’inscrit dans une démarche résolument durable.

L’« activation » de la cour d’école grâce à un projet partenarial

La Joujouthèque a été implantée dans la cour de l’école primaire Jules-Verne, et est constituée d’un conteneur personnalisé et d’un mobilier extérieur flexible. Elle permet le prêt d’articles de sport et de jouets et offre des activités d’animation tout au long de l’été.

La Joujouthèque a permis de mettre à la disposition de la communauté un espace encourageant le vivre-ensemble et le sentiment d’appartenance au quartier, l’interaction entre parents et enfants, ainsi que le développement d’une programmation d’activités adaptées aux besoins de la communauté. La gouvernance du projet constitue sa facette la plus novatrice. En effet, le développement d’un partenariat entre l’arrondissement de Montréal-Nord, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, l’école primaire Jules-Verne ainsi que l’organisme SOVERDI a été nécessaire pour que le projet voit le jour. De plus, d’autres partenariats ont été scellés afin de financer, de concevoir ou encore d’animer la Joujouthèque. La création de nouvelles collaborations ainsi que la mise en place de processus simplifiés caractérisent le projet de la Joujouthèque. Grâce à cette première initiative, plusieurs autres du même genre pourront voir le jour de façon à dynamiser l’espace public et à révéler le potentiel de lieux sous-exploités.

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Stéphanie Lavigne, urbaniste
Conseillère en aménagement à la Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises, Ville de Montréal, Arr. de Montréal-Nord

Pep académie : intervention au parc Rutherford

CATALYSEUR D’APPROPRIATION D’ESPACE PUBLIC
© Steven Porotto

Le réservoir souterrain McTavish est situé sur le campus de l’Université McGill, dans un endroit enclavé et difficile d’accès au versant sud du mont Royal. Conçu au XIXe siècle, cet espace au flanc de la montagne était plutôt méconnu, voire inutilisé. Le projet de la promenade Fleuve-Montagne, inaugurée cet été par la Ville de Montréal, a redonné de l’attention à ce lieu. En partenariat avec l’Université McGill, des travaux de modernisation ont été réalisés afin d’aménager l’espace : terrains de sport, pavés, points d’eau, clôtures, gazon synthétique, mobilier urbain et plus encore ont ainsi fait leur apparition. C’est dans le cadre de cette démarche qu’a été réalisé Chapitre d’été, un projet de bibliothèque en libre-service. Ce projet a permis d’offrir un espace de réflexion sur les usages potentiels du lieu. En outre, c’est dans ce contexte qu’a été invitée la première cohorte de PEP Académie à intervenir dans le parc Rutherford.

Gouvernance résiliente et espaces participatifs

La PEP Académie est une série de courts programmes d’interventions structurantes dans l’espace public qui mobilise étudiants, citoyens et acteurs locaux dans la cocréation d’un espace collectif. Sous forme de cohorte, l’Académie a à cœur d’éveiller un lien entre une communauté et un lieu précis grâce à des activités de sensibilisation, des aménagements réconfortants, des soirées d’animation et des ateliers d’apprentissage. Cette cohorte s’est vu donner comme mission de bonifier et de servir le lieu en portant les désirs des communautés avoisinantes. La mise en place de l’Académie est une innovation permettant de renverser la commande du projet urbain et de redonner une partie du contrôle décisionnel aux citoyens. Travaillant en équipe pluridisciplinaire, elle unit citoyens volontaires, professionnels et jeunes diplômés autour d’un but commun. Pour cette première édition, les membres de la PEP Académie ont réussi à atteindre l’objectif qu’ils s’étaient donné : faire en sorte qu’une communauté développe un sentiment d’appartenance à un espace jadis impersonnel par la mobilisation d’une diversité d’acteurs autour de la création, de l’animation et de l’opération du lieu.

Programme particulier d’urbanisme du centre-ville de Chibougamau

LA NORDICITÉ AU CŒUR DE LA REVITALISATION URBAINE
© L’Atelier Urbain, 2016.

À travers la planification de son centre-ville, Chibougamau a la volonté de redéfinir et d’affirmer l’identité de sa communauté : celle d’une communauté forte de sa nordicité, appartenant à une ville centre du nord du Québec. Située au nord du 49e parallèle, Chibougamau se démarque par son urbanité insulaire au cœur de la forêt boréale. La ville est située au carrefour de plusieurs cultures et communautés. Toutefois, Chibougamau est confrontée à un défi d’attraction et de rétention de nouveaux arrivants. Le conseil municipal a donc décidé de miser sur l’identité unique de la ville, à la fois nordique et urbaine. De ce pari est née son image de marque « Chibougamau, latitude nordique », ainsi que le projet de revitalisation de son centre-ville « Chibougamau, le centre-ville du Nord ».

Sur la base des résultats d’un sondage ayant rassemblé plus de 800 répondants et par diverses rencontres avec des acteurs clés, la municipalité a développé une vision d’aménagement s’appuyant sur la volonté des citoyens d’apprivoiser l’hiver à travers l’aménagement urbain.

L’aménagement nordique comme nouveau principe de développement

La Ville s’est inspirée des meilleures pratiques en aménagement nordique, notamment la vision stratégique d’Edmonton visant à en faire un chef de file des villes d’hiver, les déplacements hivernaux actifs dans les villes scandinaves, les pistes multifonctionnelles hivernales d’Anchorage, etc.

Chibougamau fait donc le pari de l’audace avec le concept d’aménagement proposé dans le PPU. Il se décline en trois axes: « Pôle du nord », « Chaleureuse nordicité » et « De nature urbaine ». L’accent est mis sur la revitalisation des fonctions commerciales et récréatives en toute saison. Une originalité majeure : les rues et les espaces publics seront conçus pour demeurer animés (facilitation des déplacements doux, travail sur les espaces publics, etc.) et pour être convertibles avec une « version été » et une « version hiver ». Cela passe notamment par l’implantation d’une piste cyclable multifonctionnelle quatre saisons en plein centre-ville, par des avancées de trottoir facilitant le déneigement, des terrasses ou encore un design saisonnier avec des bacs à fleurs en été et des statues de glaces et des foyers l’hiver. Au centre de cette réalité, l’interculturalité ; le design des espaces et du mobilier intégrera les références symboliques de la communauté Cri, dans une volonté de permettre l’appropriation des espaces par tous et ainsi le rapprochement entre autochtones et Jamésiens.

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Patrick Lachapelle, urbaniste
Chargé de projets en urbanisme, Ville de Chibougamau

Aménagement de la placette Maguire à Québec

UNE DÉMARCHE DE CO-CONCEPTION
© Atelier Le Banc, 2016.

La placette Maguire est un exemple d’urbanisme éphémère qui se distingue par la démarche employée pour l’élaboration de son design. Cette placette est située sur l’avenue Maguire à Québec.

Le projet est né tout d’abord de la volonté d’utiliser l’espace sous exploité du parvis de la bibliothèque Charles-Blais. La placette entre dans le cadre du projet de dynamisation de l’artère commerciale qu’est l’avenue Maguire.

Une démarche de conception doublement originale

S’il a été dans un premier temps le projet de l’équipe municipale, l’aménagement de la placette s’est fait en concertation avec les riverains du quartier et autres acteurs locaux concernés. Des ateliers ont été mis en place pour que résidents, commerçants, employés municipaux et employés de la bibliothèque puissent se projeter et imaginer un design tout en tenant compte des réalités temporelles et budgétaires du projet. Ces ateliers ont permis la participation d’une trentaine de personnes.

L’aménagement a pu être conçu et réalisé en un temps relativement court compte tenu du processus de concertation citoyenne qu’il a impliqué : la concertation a eu lieu fin avril et, deux mois plus tard, la placette était inaugurée. Cette rapidité est due en grande partie à la démarche collaborative mise en place par la Ville pour l’ensemble du projet. La conception, incluant l’élaboration et l’animation de la consultation publique, ainsi que la réalisation ont été suivies par le même groupement. Durant tout le processus d’aménagement, les équipes municipales et les membres du collectif ont donc travaillé de concert, tant sur l’approche participative que sur la réalisation en elle-même. Le but de la démarche était de dépasser la relation client-consultant pour permettre une synergie des deux équipes.

Afin de nourrir les prochaines démarches de conception, la réception et l’usage des citoyens de la placette ont été méthodiquement observés. Les résultats de cette évaluation seront exploités dans la conception de réalisations futures, afin de donner des retombées durables à ce projet de nature éphémère.

CONTACT

Alejandra de la Cruz
Designer urbain, Associée à L’Atelier Le Banc

Village Au pied-du-courant à Montréal

UNE FENÊTRE CITOYENNE SUR LE FLEUVE SAINT-LAURENT
© Jean-Michel Seminaro, 2015.

Le Village au Pied-du-Courant est une initiative citoyenne et communautaire visant la réappropriation d’un terrain délaissé de la ville, qui offre une perspective exceptionnelle sur le paysage emblématique de Montréal, soit le fleuve Saint-Laurent. Ce projet traduit de façon concrète et spectaculaire le pouvoir de la communauté pour la valorisation du paysage urbain. Le projet (initialement nommé Village Éphémère) a été lancé par l’Association du design urbain du Québec (ADUQ) à l’été 2014, puis repris et orchestré par Pépinière & Co, à la suite de la demande de nombreux Montréalais qui souhaitaient pérenniser l’événement.

Pour aménager le lieu, l’organisme a fait appel à la collaboration d’artistes, d’artisans et de designers locaux, leur offrant un lieu d’expression, d’occasions et d’expérimentation hors du commun. La programmation regroupe des événements et des activités diverses, et ce, pour l’ensemble de la population, afin que tous puissent s’approprier le site. On retrouve également des activités sportives, un cinéma en plein air, un jardin avec des installations artistiques, une promenade riveraine, de la cuisine de rue, un biergarten ou « jardin de bière » et, finalement, une plage artificielle qui accueille un grand nombre d’activités et d’animations.

Chaque été, le site devrait reprendre vie sous une nouvelle forme. Pour Pépinière & Co, ce projet est le premier d’une série d’initiatives pour améliorer les espaces délaissés de Montréal et révéler leur potentiel (Jardins Gamelin, l’Hivernale, Marché du Nord, etc.).

Assurer la transition d’un site festif à une place publique fréquentée

Actuellement, l’achalandage au site est concentré lors d’événements ponctuels, notamment du fait que le site est en marge de la ville, loin des rues très fréquentées du centre-ville. Le défi reste de faire du site un espace porté non seulement par des interventions éphémères, mais aussi une place publique à la fréquentation régulière et mixte.

Le financement du projet demeure un enjeu. Alors que les porteurs du projet ont à cœur de créer une place publique que tous pourraient s’approprier, de nombreux projets similaires ont dû être privatisés ou on a dû monnayer l’accès au site. Ce modèle de fonctionnement, à l’inverse de l’esprit des organisateurs, est promu par un nombre de bailleurs de fonds toujours plus grand.

CONTACT
Jérôme Glad
Chargé du développement, Pépinière et Co.