Plan de développement urbain, économique et social Turcot

Une démarche participative pour améliorer la qualité de vie au sein des quartiers aux abords de l’échangeur

© Arrondissement Le Sud-Ouest

Étant donné son envergure et sa localisation en plein cœur d’un milieu urbain, le futur échangeur Turcot aura des répercussions sur les quartiers adjacents. Pour y faire face, une démarche de planification concertée a été réalisée, sur une durée de deux ans, par la Direction de l’aménagement urbain et du patrimoine de l’arrondissement du Sud-Ouest.

Une démarche de planification hautement participative et concertée

L’approche de réalisation retenue pour le Plan de développement urbain, économique et social – Turcot (PDUÉS) a été développée en collaboration avec l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). En amont de l’élaboration du plan, un premier volet de consultation a permis de contacter 2 200 personnes. Pour faire suite à cette consultation, une plateforme Web fut lancée afin de maintenir le dialogue avec les citoyens tout au long de la rédaction du premier jet.

En parallèle, un comité de suivi composé d’organismes des quartiers concernés et de représentants de l’arrondissement fut mis sur pied afin d’échanger sur les pistes d’action et d’orienter l’élaboration du plan. Face aux inquiétudes de la population, l’arrondissement s’est associé avec la Direction régionale de santé publique pour encadrer certains travaux du plan.

En 2017, le deuxième volet de la consultation a permis de soumettre le document préliminaire à la population. La version définitive du document, adoptée en mai 2018, présente une stratégie d’intervention qui s’articule en six grands axes et un plan concret de trente-deux actions.

Renouveler la participation avec des outils intégrés

L’utilisation d’une variété d’outils placée à la disposition du public, pour recueillir les idées et les préoccupations, a permis de maintenir la participation citoyenne tout au long du processus de planification. De plus, cette approche a eu comme résultat d’établir une compréhension commune des enjeux et ainsi d’éviter des surprises majeures lors du second volet de consultation.

Les nombreux échanges accomplis lors de l’élaboration du plan ont mis la table pour une collaboration qui pourra se poursuivre tout au long de sa mise en œuvre. Une version interactive du plan d’action et une maquette 3D permettent aux citoyens de s’informer sur la réalisation et l’évolution du PDUÉS.

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Sylvain Villeneuve, urbaniste
Directeur de l’aménagement urbain et du patrimoine | Arrondissement Le Sud-Ouest

Sentier linéaire de la traverse du coteau à Chicoutimi

L’urbanisme participatif au service de l’aménagement urbain

© CEUM

Traversant en diagonale le centre-ville de l’arrondissement Chicoutimi, la traverse du Coteau, une ancienne emprise de chemin de fer du Canadien National cédée à la ville dans les années 1980, était un sentier informel non entretenu depuis plusieurs années. En 2012, la Ville de Saguenay a commandé une étude sur l’utilisation du sentier. À la lecture des résultats, il est apparu que le sentier était très utilisé et apprécié des citoyens du centre-ville.

Avec l’appui du conseiller de la ville Simon-Olivier Côté, de l’Agence de la santé publique du Canada, de la Ville de Saguenay et du Centre d’écologie urbaine, le Comité du parc linéaire (COPAL) fut mis sur pied afin de regrouper diverses parties prenantes (citoyens, ville, organismes communautaires) dans le but d’aménager un sentier linéaire répondant aux besoins du milieu.

La participation publique comme outil de créativité

La participation citoyenne fut au cœur de ce projet, à la fois pour cibler les besoins de la population locale et pour faire preuve de créativité dans les nouvelles utilisations de cette infrastructure. Par exemple, la question de la sécurisation de certaines intersections fut soulevée, ce qui a mené à un exercice interprofessionnel pour trouver des solutions.

Du côté des initiatives citoyennes, une marche exploratoire, du mobilier urbain conçu par un artiste et un espace de mangeoires pour oiseaux fabriquées par des enfants du quartier sont quelques-uns des projets mis en œuvre pour redynamiser cet espace.

Une initiative qui sensibilise et fait avancer la participation publique à Saguenay

Au-delà du simple aménagement physique, il s’agissait d’une première vraie expérience d’aménagement collaboratif dans l’arrondissement de Chicoutimi – et pour la Ville de Saguenay, de manière plus générale. Cette expérience a pavé la voie à une plus grande ouverture des divers services municipaux à la participation citoyenne et a même mené à un chantier visant l’élaboration d’une procédure de participation citoyenne pour de futurs projets, dans le cadre de la révision du schéma d’aménagement et de développement de la ville. D’un projet ponctuel émanera peut-être de nouvelles pratiques de participation citoyenne plus systémiques dans la région.

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Marie-Christine Tremblay, urbaniste

PIIA du noyau villageois de Mascouche

Encourager et encadrer un patrimoine en évolution

© L’Atelier Urbain

La Ville de Mascouche met en place de multiples mesures pour stimuler la revitalisation de son cœur historique. C’est dans ce contexte qu’elle décide de revoir en profondeur son PIIA du noyau villageois. L’outil en place, à l’instar de nombreux autres PIIA au Québec, paraissait flou aux yeux des citoyens, les critères étaient difficiles d’interprétation, et surtout on y encourageait uniquement un mimétisme architectural des styles passés. Connaissant la valeur patrimoniale de son noyau villageois, la Ville désirait poursuivre l’encadrement serré des projets tout en autorisant également des projets à facture architecturale plus actuelle. Ainsi, le PIIA a été repensé complètement pour devenir un outil illustré, vulgarisé et autorisant une architecture contemporaine en plus de l’architecture traditionnelle.

Vers un PIIA facile à consulter pour tous

Le PIIA est conçu sous forme de fiches illustrées par types d’intervention au lieu de compter une longue liste de critères classés par objectifs. Le citoyen s’y retrouve plus aisément, car les critères sont regroupés par catégories de permis : construction, agrandissement, toiture, stationnement, affichage… Au début du document, un organigramme synthèse permet aux citoyens de repérer en un coup d’œil la fiche s’appliquant à leurs projets spécifiques. Les illustrations conçues spécifiquement pour le noyau de Mascouche accompagnent chaque critère et vulgarisent les éléments à favoriser, mais aussi les éléments à éviter afin de mieux orienter les requérants de permis.

Conservation du patrimoine tout en permettant l’évolution du milieu bâti

De plus, la volonté de permettre une évolution patrimoniale est un élément fort avant-gardiste. Les citoyens peuvent donc choisir, dans la majorité des cas, si la rénovation du bâtiment sera faite suivant une facture patrimoniale ou une facture contemporaine. Chaque fiche prévoit donc des critères et des illustrations explicatives pour chacune des orientations.

Le PIIA du noyau villageois offre une nouvelle manière de répondre au vieux débat qui oppose le contemporain à l’architecture traditionnelle. Il permet de ne pas figer le secteur dans un style d’une autre époque en autorisant, à certaines conditions, l’insertion d’une architecture résolument actuelle. Il est encore trop tôt pour évaluer les retombées du PIIA adopté à l’automne 2018. Gageons que ce format et cette flexibilité intéresseront d’autres municipalités possédant des secteurs anciens.

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Joëlle Ouellette, urbaniste-stagiaire
Agente de projet

Joujouthèque extérieure du corridor vert des cinq écoles

UNE APPROCHE MULTIPALIER POUR AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE DES ENFANTS
© SOVERDI

L’arrondissement de Montréal-Nord travaille fort pour implanter des initiatives vouées à améliorer les milieux de vie de ses citoyens, à briser l’isolement chez les populations vulnérables et à combattre les îlots de chaleur et autres problématiques environnementales pro-pres aux milieux urbains denses. Le projet du Corridor vert des cinq écoles est l’une des belles initiatives adoptées à ces fins. Le Corridor vert s’étend sur un demi-kilomètre carré et est constitué de cinq écoles, de deux parcs, de la Maison culturelle et communautaire, d’un aréna et d’une piscine publique. C’est plus de 6000 écoliers, parents, enseignants et résidents qui y transitent chaque jour de la semaine. Il s’agit d’un projet développé sur plusieurs années et ayant fait l’objet de multiples interventions. La Joujouthèque est l’une des interventions menées en 2017. Mettant à profit un espace dont l’utilisation est habituellement limitée dans le temps et réservée aux élèves, la Joujouthèque, installée dans une cour d’école, permet de favoriser l’usage partagé d’un lieu. Par sa programmation, elle s’inscrit dans une démarche résolument durable.

L’« activation » de la cour d’école grâce à un projet partenarial

La Joujouthèque a été implantée dans la cour de l’école primaire Jules-Verne, et est constituée d’un conteneur personnalisé et d’un mobilier extérieur flexible. Elle permet le prêt d’articles de sport et de jouets et offre des activités d’animation tout au long de l’été.

La Joujouthèque a permis de mettre à la disposition de la communauté un espace encourageant le vivre-ensemble et le sentiment d’appartenance au quartier, l’interaction entre parents et enfants, ainsi que le développement d’une programmation d’activités adaptées aux besoins de la communauté. La gouvernance du projet constitue sa facette la plus novatrice. En effet, le développement d’un partenariat entre l’arrondissement de Montréal-Nord, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, l’école primaire Jules-Verne ainsi que l’organisme SOVERDI a été nécessaire pour que le projet voit le jour. De plus, d’autres partenariats ont été scellés afin de financer, de concevoir ou encore d’animer la Joujouthèque. La création de nouvelles collaborations ainsi que la mise en place de processus simplifiés caractérisent le projet de la Joujouthèque. Grâce à cette première initiative, plusieurs autres du même genre pourront voir le jour de façon à dynamiser l’espace public et à révéler le potentiel de lieux sous-exploités.

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Stéphanie Lavigne, urbaniste
Conseillère en aménagement à la Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises, Ville de Montréal, Arr. de Montréal-Nord

Promenade riveraine à Sainte-Catherine

Projet de ville issu d’un concours, des critères de Jan Gehl et d’un processus de co-design
© Groupe BC2
 Groupe BC2

Sillonnée par la rivière Saint-Régis et accotée à la voie maritime du Saint-Laurent, la Ville de Sainte-Catherine tourne le dos à ses cours d’eau. Dans le cadre du développement d’une vision d’avenir, la Ville a cherché à mettre en valeur son identité riveraine. Consciente de l’enjeu social et économique, elle s’est emparée de la problématique en projetant l’aménagement d’une partie des berges. Les objectifs étaient de rendre le fleuve au promeneur en améliorant l’accessibilité et de créer un espace significatif, porteur d’une identité marquée. Souhaitant démocratiser le processus d’idéation, la Ville a lancé un concours ouvert à tous.

Groupe BC2

Un concept fort, nourri d’une mobilisation créative unique et d’un processus de gestion intégrée

Le projet présenté ici consistait donc à extraire le meilleur des idées lauréates du concours Esprit Libre, puis à l’arrimer aux réalités d’un environnement aux potentiels et contraintes multiples ainsi qu’à l’intégrer dans un contexte de planification plus global. Une première étape a consisté à évaluer les différentes propositions à la lumière d’une analyse socio-économique préalable et grâce à la grille d’analyse élaborée par l’équipe de Jan Gehl quant à l’expérience de l’usager. Cette phase du processus a permis l’émergence de diverses propositions et orientations d’intervention. Un processus de travail de codesign, impliquant les concepteurs lauréats et les équipes municipales, a ensuite été mis en place. L’objectif était de dépasser les concepts pris séparément.

Le travail en collaboration a finalement abouti au développement d’un véritable projet de ville. Construisant autour du projet d’aménagement initial, l’équipe est parvenue à élaborer une vision à l’horizon 2025, soit VISION 2025 : Source urbaine d’avenir. Cette vision ancre l’identité de la Ville dans son caractère riverain.

Groupe BC2

Parmi les éléments marquants du concept, citons notamment l’intégration d’une voie partagée pour atteindre le RécréoParc, la création d’une promenade flottante, la mise en place d’observatoires et d’un réseau de placettes et places publiques uniques. L’ensemble du concept permet l’émergence d’un axe fort et riche de ses espaces publics distinctifs, façon efficace de réunir la communauté avec sa rive, avec des aménagements originaux qui participeront au rayonnement de la Ville au-delà de son territoire.

CONTACTS

Marc-Antoine Vallée, urbaniste
Designer urbain, Groupe BC2