Grandes consultations publiques : notre Mont-Saint-Hilaire 2035

VERS UN PLAN D’URBANISME DURABLE
© Convercité

Conscient de la richesse que constituent les composantes naturelles de son territoire et de l’attachement des citoyens à leur milieu de vie, le conseil municipal de Mont-Saint-Hilaire a envisagé la refonte du Plan d’urbanisme dans une perspective de développement durable.

La Ville a également profité de l’aide financière offerte par la CMM pour planifier l’aire TOD à proximité de la gare de train de banlieue et entamer la plus importante démarche de consultation publique de son histoire : Les grandes consultations publiques Notre Mont-Saint-Hilaire 2035. L’objectif de cette démarche était d’élaborer avec les citoyens un document de planification tout en se conformant au SADR de la MRC. La Ville a favorisé des échanges transparents et impartiaux en retenant les services d’une firme externe pour l’organisation et l’animation des rencontres. Ainsi, 17 soirées de consultations et activités ont été tenues entre juin 2015 et janvier 2017. Ces soirées ont porté sur les orientations, les affectations et la densité du Plan d’urbanisme durable, la planification de l’aire TOD, ainsi que sur les grands investissements et les services de la Ville.

D’autres outils de communication ont été mis en place pour rejoindre le plus d’intervenants possible et faciliter leur participation (ex. : site Internet, cahier du participant). Deux rencontres additionnelles ont également été organisées en collaboration avec les deux écoles secondaires de la ville, permettant aux jeunes de contribuer au processus.

Planifier une aire TOD avec les citoyens

Le processus de participation publique a permis de mettre en lumière certaines préoccupations des citoyens. Au cours de cette démarche, de nombreux participants ont manifesté leur attachement envers un secteur boisé de l’aire TOD. Afin de répondre aux préoccupations soulevées, une caractérisation des arbres de ce site a été réalisée, et le concept d’aménagement de type « Woonerf » a été préconisé. De plus, deux rencontres supplémentaires ont été organisées avec certains résidents concernés par la planification d’un secteur de l’aire TOD afin de s’assurer de l’acceptabilité sociale du projet.

Ce type de démarche peut servir d’exemple à d’autres municipalités désirant planifier l’aménagement et le développement de secteurs particuliers, dont les nombreuses aires TOD situées sur le territoire de la CMM. Au terme de cet exercice, la Ville de Mont-Saint-Hilaire s’inscrit parmi les premières villes à avoir élaboré un Plan d’urbanisme durable (PUD).

CONTACTS

Vincent Poirier, urbaniste

Conseiller professionnel en urbanisme de la ville de Mont-Saint-Hilaire

Bernard Morel, urbaniste

Directeur du service de l’aménagement du territoire et de l’environnement de la ville de Mont-Saint-Hilaire

Promenade riveraine à Sainte-Catherine

PROJET DE VILLE ISSU D’UN CONCOURS, DES CRITÈRES DE JAN GEHL ET D’UN PROCESSUS DE CO-DESIGN
 Groupe BC2
 Groupe BC2

Sillonnée par la rivière Saint-Régis et accotée à la voie maritime du Saint-Laurent, la Ville de Sainte-Catherine tourne le dos à ses cours d’eau. Dans le cadre du développement d’une vision d’avenir, la Ville a cherché à mettre en valeur son identité riveraine. Consciente de l’enjeu social et économique, elle s’est emparée de la problématique en projetant l’aménagement d’une partie des berges. Les objectifs étaient de rendre le fleuve au promeneur en améliorant l’accessibilité et de créer un espace significatif, porteur d’une identité marquée. Souhaitant démocratiser le processus d’idéation, la Ville a lancé un concours ouvert à tous.

Groupe BC2

Un concept fort, nourri d’une mobilisation créative unique et d’un processus de gestion intégrée

Le projet présenté ici consistait donc à extraire le meilleur des idées lauréates du concours Esprit Libre, puis à l’arrimer aux réalités d’un environnement aux potentiels et contraintes multiples ainsi qu’à l’intégrer dans un contexte de planification plus global. Une première étape a consisté à évaluer les différentes propositions à la lumière d’une analyse socio-économique préalable et grâce à la grille d’analyse élaborée par l’équipe de Jan Gehl quant à l’expérience de l’usager. Cette phase du processus a permis l’émergence de diverses propositions et orientations d’intervention. Un processus de travail de codesign, impliquant les concepteurs lauréats et les équipes municipales, a ensuite été mis en place. L’objectif était de dépasser les concepts pris séparément.

Le travail en collaboration a finalement abouti au développement d’un véritable projet de ville. Construisant autour du projet d’aménagement initial, l’équipe est parvenue à élaborer une vision à l’horizon 2025, soit VISION 2025 : Source urbaine d’avenir. Cette vision ancre l’identité de la Ville dans son caractère riverain.

Groupe BC2

Parmi les éléments marquants du concept, citons notamment l’intégration d’une voie partagée pour atteindre le RécréoParc, la création d’une promenade flottante, la mise en place d’observatoires et d’un réseau de placettes et places publiques uniques. L’ensemble du concept permet l’émergence d’un axe fort et riche de ses espaces publics distinctifs, façon efficace de réunir la communauté avec sa rive, avec des aménagements originaux qui participeront au rayonnement de la Ville au-delà de son territoire.

CONTACTS

Marc-Antoine Vallée, urbaniste
Designer urbain, Groupe BC2

Chroniques radio : Ça marche Doc !

Projet Arpent vert et Réglementation sur les terrains vacants à Montréal

AIDER LA VILLE ET LES CITOYENS À CULTIVER ET À DONNER UNE ÂME AUX ESPACES VACANTS
© Lande, 2016.

Lande est un collectif qui vise à aider les communautés à faire des espaces vacants des espaces de vie, de renouveau et d’amélioration de l’environnement urbain. À l’échelle de chaque projet, Lande est là pour aider les citoyens à surmonter chaque obstacle administratif et logistique.

La première action de l’OBNL a été la mise place d’une plateforme Internet participative permettant aux Montréalais de localiser les terrains vacants. Plus d’une centaine de terrains ont ainsi été recensés. Cette collecte d’informations a permis de sensibiliser le grand public et les élus au grand nombre d’espaces vacants sur le territoire et permet de démontrer le potentiel du projet de réhabilitation, sa portée écologique, économique et sociale pour l’ensemble de la ville.

L’action conduite à travers la réglementation et le projet

Lande a proposé à la Ville de Montréal une marche à suivre pour l’aménagement ou l’animation des terrains municipaux vacants. Ce règlement sur les terrains publics vacants se base sur l’idée fondatrice de Lande selon laquelle les citoyens doivent pouvoir se réapproprier les espaces vacants. L’intérêt est triple : l’espace perdu peut être valorisé, les aménagements sont une réponse adaptée aux besoins du quartier et de sa population et cette démarche collective participe à la création de communautés vivantes, inclusives et solidaires. Les points clés du règlement sont la désignation dans les équipes municipales d’un interlocuteur pour les citoyens sur les questions de réappropriation des terrains vacants; la mise en place d’un projet pilote et, comme but final, la rédaction d’un règlement-cadre pour l’intervention dans les terrains publics vacants.

À une échelle plus locale, Lande intervient comme facilitateur et accompagnateur des initiatives de quartier, comme pour le projet Arpent Vert, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Un terrain vacant, renommé Arpent Vert par le collectif citoyen qui l’a réinvesti, est désormais un site d’agriculture urbaine. Grâce à l’obtention d’un permis d’occupation et à l’octroi de subventions, le terrain a pu être nettoyé, réaménagé avec un mobilier temporaire et des plantations. Le site est désormais porté par un groupe ouvert de citoyens engagés. Le groupe s’agrandit par une présence active sur les réseaux sociaux, où les habitants du quartier peuvent échanger de l’information.

CONTACT

Maude Ladouceur, urbaniste

Projet de rue partagée de Dijon dans l’arrondissement de Montréal-Nord

L’ÉNERGIE COLLECTIVE POUR CRÉER DES ESPACES PUBLICS HABITÉS
© Arr. Montréal-Nord, Convercité, Pépinière et co. et Un itinéraire pour tous

Dans un secteur dépourvu d’espaces publics de qualité et pourtant fréquenté par un grand nombre d’usagers, le secteur communautaire et les citoyens se sont mobilisés pour transformer une rue en un espace de rencontre, d’amusement et de réappropriation collective.

Le Corridor vert des cinq écoles est un projet porté par plusieurs intervenants de Montréal-Nord. Sur un territoire d’un demi-kilomètre carré se concentrent cinq écoles, deux parcs, un aréna, une bibliothèque et une salle de spectacles. Chaque jour, près de 6 000 écoliers, enseignants, parents, fréquentent le secteur en plus des nombreux usagers des parcs et de l’aréna.

Malgré ce fort potentiel, les espaces publics étaient peu investis par la population : cette zone souffre d’un manque de végétation et d’une absence de connexions entre chacun de ses pôles. L’aménagement déficient du secteur se faisait particulièrement sentir dans ce quartier qui connaît un niveau de défavorisation matérielle et sociale plus élevé que la moyenne.

Une stratégie participative d’animation urbaine

L’arrondissement s’est appuyé sur la concertation avec le milieu dès les étapes initiales de conception, dans une perspective de cocréation. Les deux commissions scolaires ainsi que la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) ont joué un rôle de premier plan dans le processus.

Un des principaux projets du Corridor vert est la mise en place d’une rue partagée sur la rue Dijon. Cette rue souffrait particulièrement d’un manque d’animation. Durant trois séances de consultations, l’ensemble du milieu a développé un concept pour donner vie à cet espace, notamment grâce à un mobilier urbain en partie construit par les élèves de l’école voisine.

Trois tronçons de la rue Dijon seront transformés graduellement en rue partagée. Chaque année, des installations temporaires et ludiques seront déployées sur un tronçon et seront remplacées l’année suivante par des aménagements permanents. Les installations seront ainsi déplacées de manière graduelle dans le but d’insuffler une nouvelle énergie aux tronçons de la rue Dijon. Tout ceci a permis de mettre au monde un projet innovant pour la communauté : un espace dédié aux familles avec des aménagements ludiques et une foule d’activités estivales.

CONTACT

Stéphanie Lavigne, urbaniste
Conseillère en aménagement à la Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises

Projet de requalification du secteur Champ-de-Mars à Montréal

LA PLANIFICATION URBAINE À L’HEURE DE LA VILLE INTELLIGENTE ET CRÉATIVE
© Ville de Montréal

En prévision de son 375e anniversaire, la Ville de Montréal souhaite réparer la coupure dans le tissu urbain occasionné par l’autoroute Ville-Marie. Face à cette problématique, la Ville a lancé une démarche de requalification urbaine. Le « projet Secteur Champ-de-Mars » vise à mettre en valeur un réseau d’espaces publics de grande qualité, à retisser les liens entre le secteur du centre-ville et le Vieux-Montréal et à atténuer le caractère autoroutier du secteur.

Le projet intègre activement le citoyen dans toutes les étapes du processus de conception et de mise en œuvre. Le procédé est notable, car il est significatif du changement de paradigme de l’urbanisme opérationnel. En effet, la démarche, éprouvée dans les processus d’écriture des documents de planification ou dans la mise en place de projets d’urbanisme tactique, l’est moins pour des projets d’urbanisme opérationnel d’une telle ampleur.

Intégrer les citoyens dans la réflexion d’aménagement

L’implication citoyenne a permis d’identifier plusieurs enjeux liés à l’appropriation du secteur par les usagers, à la convivialité des liens de mobilité, à la qualité de l’aménagement urbain, à la mise en valeur d’un patrimoine riche et diversifié et à la mise en valeur des paysages monumentaux. De ces enjeux découlent les grands objectifs qui reflètent les aspirations et les valeurs de la communauté :

  • FAVORISER la participation citoyenne;
  • CRÉER un réseau d’espaces publics accueillants, animés et plus verts;
  • TISSER des liens avec les autres quartiers;
  • AMÉLIORER l’animation urbaine et la cohabitation entre les différents usagers de l’espace public;
  • ATTÉNUER l’ambiance autoroutière et bonifier les parcours piétonniers;
  • METTRE en valeur le patrimoine urbain.

La participation citoyenne, jalonnée par deux ateliers de coconception, a été étirée dans le temps après le premier évènement grâce à une plateforme interactive ouverte sur une période de quelques semaines. Ce temps de sollicitation a été établi pour maximiser le nombre de participants tout en conservant le caractère ponctuel et attrayant du processus. Cette démarche itérative a permis de mettre à profit le potentiel créatif des citoyens et l’expertise municipale. Dans un contexte organisationnel semblable, elle pourrait être répétée pour mettre en œuvre d’autres projets urbains ambitieux afin de rallier les volontés politiques, les aspirations citoyennes et l’expertise professionnelle.

CONTACT

Claude Laurin, architecte
Chef de division, Division des projets urbains, Direction de l’urbanisme, Service de la mise en valeur du territoire, Ville de Montréal