Contributions financières aux équipements et infrastructures municipales

Une nouvelle source de financement pour un développement raisonnable (Dans «2021-2022, Compilation, Projets novateurs en urbanisme, RU, Relève en urbanisme»

Depuis 2012, les municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) possédant une infrastructure de transport en commun structurante sont devenues des territoires de densification et de forte croissance. Ce développement soutenu exerce une pression supplémentaire sur les réseaux, les infrastructures et les services publics. En effet, ces phénomènes de croissance engendrent des dépenses de plus en plus difficiles à supporter, puisque la capacité des municipalités à générer des revenus était encore, jusqu’à tout récemment, limitée à la taxe foncière et aux transferts gouvernementaux. Depuis 2016, la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (art. 145.21) autorise les municipalités à adopter un règlement permettant d’assujettir certains projets de développement à une contribution financière en lien avec l’ajout, l’agrandissement ou la modification des infrastructures et équipements municipaux requis. En 2020, la Ville de Mascouche s’est prémunie de ces nouveaux pouvoirs en adoptant un règlement sur les contributions aux infrastructures et équipements municipaux, afin de financer la croissance de son territoire et, ainsi, assujettir l’ensemble des opérations de développement ou de redéveloppement. 

En collaboration avec la firme Brodeur Frenette, la Ville a élaboré une méthode de calcul unique pour moduler la contribution spécifique à exiger pour chaque projet. Se basant sur une prévision du développement résidentiel futur sur le territoire et de son impact sur les infrastructures en anticipant les investissements à réaliser dans les prochaines années, cette méthodologie de calcul à plusieurs paliers de frais de contribution tend à récompenser les bonnes pratiques (par exemple : le niveau de certification environnementale, la présence d’espaces commerciaux de proximité au rez-de-chaussée, le stationnement souterrain, etc.) et la planification de projets de redéveloppement dans les secteurs centraux préalablement desservis. Cette modulation vise à établir une contribution conséquente aux impacts sur les coûts des infrastructures et équipements municipaux générés directement par le projet ou ses futurs résidents. Celle-ci a également pour but d’inciter les promoteurs immobiliers à proposer des développements alignés sur les intérêts collectifs et les priorités de la Ville. Somme toute, cette approche accroîtra l’acceptabilité sociale du règlement, mais aussi des projets de développement et de densification, puisque ses bases objectives et prévisibles favorisent un développement immobilier harmonisé et durable. 

Le comité de sélection a particulièrement apprécié la mise en application concrète d’un nouveau levier financier permis par la LAU. En effet, cette démarche suscite une réflexion très intéressante sur les impacts à court et à long terme d’un développement. En plus de limiter certains effets pervers de la densification urbaine, ce projet propose un mécanisme incitatif, normatif et prévisible quant aux attentes de la municipalité face à certaines approches de construction. Il inspirera assurément d’autres administrations à se doter d’un cadre réglementaire entourant la densification, afin que celle-ci soit adaptée au contexte et réponde réellement aux besoins présents et futurs de la communauté tout en répartissant les coûts équitablement.

Défis, retombées et enseignements – complément d’informations à la Compilation 2021-2022

Parmi les défis mentionnons, la perception des élus et citoyens que la valeur importante des contributions financières exigées au promoteur pouvait avoir un impact sur le développement économique de la Ville et constituer un frein à la croissance du nombre de permis de construction résidentielle émis.  Pour dépasser cette perception, le règlement a été présenté comme une façon plus réfléchie de développer le territoire et de refléter le juste prix du développement.  À cet effet, l’emphase a été notamment mise sur les éléments suivants :

  • les montants fixés par le règlement représentent uniquement les sommes nécessaires à la réalisation des plans directeurs et PTI ;
  • les sommes qui ne sont pas chargées en amont du développement devront l’être en aval ;
  • le règlement permet de créer une mécanique qui réduit les sommes devant être éventuellement empruntées et ajoutées au compte de taxes des citoyens ;
  • le règlement peut évoluer et être ajusté au fils des années suivant les constats faits.

En créant davantage de certitude et de prévisibilité, la municipalité vise à réduire le niveau de risque pour les développeurs et les propriétaires – une stratégie souvent gagnante pour favoriser le développement immobilier et diminuer les contestations possibles des usagers.

Urbaniste(s) impliqué(s) et autres ressource

Philippe Despins, Chef division, Ville de Mascouche,  urbaniste # 1801

Partenaires

Brodeur Frenette / Marc-Olivier Deschamps, urbaniste / modeschamps@brodeurfrenette.ca

Conseil régional de l’environnement de Montréal – Démarche Stationnement écoresponsable 

Démarche de stationnement écoresponsable (Dans «2021-2022, Compilation, Projets novateurs en urbanisme, RU, Relève en urbanisme – Mention spéciale»

Une seconde mention spéciale est attribuée par le comité de sélection à la démarche du Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) axée sur le stationnement écoresponsable. Par cette démarche, amorcée en 2017, le CRE propose, via des critères d’écoresponsabilité, un guide de mise en œuvre et un outil de certification. Par la collaboration avec les CRE de Laval, de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de la Capitale-Nationale, le CRE-Montréal continue d’étendre son rayonnement hors du territoire montréalais.

S’adressant aux propriétaires, gestionnaires, concepteurs et représentants de la fonction publique, le guide de mise en œuvre propose une revue des pratiques novatrices en matière de stationnement écoresponsable au Québec et comprend des critères d’écoresponsabilité en vue d’une certification. Ce guide constitue donc l’outil permettant aux CRE régionaux d’évaluer les projets en vue de la certification de stationnements écoresponsables, l’autre volet de la démarche.  

Le comité de sélection reconnaît les bénéfices qu’un tel guide peut générer sur des projets dans une perspective de développement durable, et ce, autant en termes de sensibilisation que d’accompagnement des acteurs et des services municipaux dans la modification des approches et de l’encadrement réglementaire. La démarche du projet s’avère également exemplaire en raison de son adaptation aux divers contextes et aux diverses régions du Québec, ainsi que par sa bonification constante découlant des expériences et des défis rencontrés par les différents acteurs accompagnés.

Compléments d’information à la Compilation 2021-2022

Contexte et démarche

La lutte aux changements climatiques  impose de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’adapter infrastructures, politiques et réglementations afin de répondre aux enjeux actuels et futurs. Les villes reconnaissent de plus en plus le rôle du stationnement en tant qu’outil de développement durable, puisque les effets néfastes de ces grandes surfaces sont nombreux et connus. La démarche Stationnement écoresponsable permet d’y apporter des solutions d’aménagement du stationnement concrètes.

Ainsi, en 2017, le CRE-Montréal a lancé la démarche Stationnement écoresponsable sur l’île de Montréal qui, depuis mai 2021, est également déployée progressivement dans 4 autres régions. Site web : https://stationnementecoresponsable.com/ 

La démarche vise à sensibiliser, outiller, accompagner, reconnaître et faire rayonner les différents acteurs, leurs projets de stationnements, et la réglementation liée à ces espaces suivant différentes étapes:

  • démarchage des différents acteurs visés;
  • offre d’outils sur les enjeux, solutions et réglementations;
  • accompagnement personnalisé dans les projets et la réglementation;
  • évaluation de la conception des projets de stationnement via une grille de critères;
  • remise d’une attestation aux meilleurs projets, par un comité d’experts;
  • rayonnement des projets attestés et des bonnes pratiques réglementaires;
  • récolte d’informations et partage d’expériences (positives ou négatives) sur les projets réalisés pour une amélioration continue.

Défis, retombées et enseignements

La démarche demande de nouvelles façons de travailler et planifier (briser les silos entre les acteurs et dans les différentes professions : ingénieurs, architectes, architectes-paysagistes, etc.) mais aussi la maîtrise de nouveaux types d’aménagements. L’évolution des réglementations est également un nœud majeur dans le développement de ces solutions afin d’encourager une gestion et un aménagement des aires de stationnement plus durables, en fixant des standards plus élevés sur l’ensemble du territoire. De nombreux propriétaires et municipalités sont encore limités dans leurs connaissances des enjeux et solutions en lien avec le stationnement.

Pour surmonter ces défis, la démarche mise sur une sensibilisation massive des différents acteurs et leur formation concernant les solutions à mettre en place et l’adaptabilité des solutions proposées selon les différents contextes et ressources financières disponibles.

En réaménageant autrement les aires de stationnement, il est possible, selon les cas, d’encourager une densification de l’espace urbain, d’améliorer la qualité de ces espaces par l’intégration du verdissement et de la mobilité durable assurant une plus grande qualité de vie et de travail, mais aussi de réduire l’utilisation de l’automobile. La conception des projets peut parfois être plus longue que pour un stationnement plus « traditionnel » entièrement en asphalte, mais les bénéfices environnementaux, sociaux et économiques à en tirer sont nombreux.

La démarche s’appuie également sur un ensemble de critères écoresponsables afin de déterminer si les projets de stationnement peuvent recevoir une attestation, entre autres :

  • la planification générale du projet : ex. localisation de la propriété de préférence à proximité d’infrastructures de transport collectif et actif, offre en stationnement définie selon les besoins réels tout en visant une réduction, implantation de l’aire de stationnement ailleurs que dans la cour avant et évitant la destruction d’espaces naturels à forte valeur écologique;
  • le développement de la mobilité durable : ex. plan de gestion des déplacements, incitatifs financiers pour les alternatives à l’auto solo ;
  • l’intégration du stationnement de surface : ex. verdissement des aires de stationnement , revêtements de sol clairs et perméables, traitement et infiltration de l’eau pluviale in situ à l’aide d’aménagements paysagers en surface moins coûteux ;

Professionnel.les en aménagement impliqué.es

Romain Coste, Coordonnateur Transport et urbanisme, Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), Baccalauréat en urbanisme.

Organismes ayant mené le projet

Conseil régional de l’environnement de Montréal

Partenaires

Depuis 2021, 4 partenaires pour le déploiement du projet à plus grande échelle :

CRE de Laval : Myriam Goulet
CRE Montérégie : Judith Lavoie
CRE du Centre-du-Québec : Arianne Lefebvre
CRE de la Capitale-Nationale : Sarah Verret

Documents

SDC District Central consulte sa communauté pour un quartier d’affaires et résilient

Consultation pour un quartier d’affaires résilient  (Dans «2021-2022, Compilation, Projets novateurs en urbanisme, RU, Relève en urbanisme – Mention Spéciale»

Une première mention spéciale est attribuée par le comité de sélection au projet de consultation pour un quartier d’affaires résilient. Par cette mention, le comité de sélection reconnaît l’engagement bénévole de la SDC District Central et de son comité d’experts qui ont animé, en juin dernier, une discussion constructive et inclusive sur le futur du terrain vacant du 50-150 Louvain Ouest, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. L’outil de consultation développé par ELEMENTS Planification Urbaine inc. et SIM5 a facilité le processus de cocréation et a sensibilisé les travailleurs, les résidents et les propriétaires fonciers aux enjeux propres à chacune des parties prenantes. De plus, cette charte a mis en lumière la convergence de certaines aspirations. Elle s’inscrit dans une série de réflexions menées par la SDC depuis 2018 et qui, dès le départ, se voulait un travail par et pour la communauté.

Le projet témoigne de l’importance de la démocratie participative. Le comité de sélection se réjouit que la prise en compte de celle-ci puisse rendre accessibles et favoriser l’usage d’outils technologiques par les résidents. Ainsi, ces derniers peuvent influencer leur milieu, et ce, même en contexte pandémique.

Compléments d’information à la Compilation 2021-2022

Contexte et démarche (Janvier 2021 au 18 octobre 2021)  

La SDC District Central, situé à Ahuntsic-Cartierville à Montréal, travaille à la requalification du secteur industriel en un quartier d’affaires dynamique, complet et résilient (terrain de 650 000 pi2 au 50-150 Louvain Ouest).  En 2018, la SDC assemble un comité d’aménagement d’acteurs divers du milieu qui produira, entre autres, un mémoire, une analyse des enjeux et des priorités à partir de janvier 2021.

Par la suite, un processus de consultation et d’idéation s’amorcera par et pour la communauté et avec la contribution d’un comité d’experts bénévoles. Y seront invités par des moyens de communications variés (ex : journal local, médias sociaux), les propriétaires fonciers, les résidents, les entreprises, les artistes et les travailleurs du quartier afin d’articuler une vision d’avenir pour le quartier en réfléchissant au potentiel du terrain vacant.

Dans le contexte de la pandémie, les membres du comité d’experts vont animer deux ateliers en juin 2021 s’appuyant sur  un outil de consultation virtuelle innovant, consultE, créé par ELEMENTS Planification Urbaine inc et SIM5. Les exercices consultatifs porteront sur trois thèmes : mixité des usages; parcours et connexions et cour de voirie multiservices. Les résultats en seront communiqués au public en octobre 2021.

Défis, retombées et enseignements

Dans ce contexte, ELEMENTS Planification Urbaine inc va développer un outil de consultation virtuel et collaboratif consultE permettant plus de liberté aux participants qui peuvent circuler d’une table de travail à l’autre assorti d’un accompagnement technique et d’une interface personnalisée. L’utilisation de la plateforme consultE aura permis d’accélérer la démarche par l’implication de tous et par le maintien de la qualité des échanges malgré la distance physique créée par la pandémie.

Parmi les résultats de la démarche,  il est ressorti que la communauté souhaite :

  • un milieu de vie complet, une échelle humaine et des infrastructures durables ;
  • la mixité, la densité et la compacité des usages essentielles au mode de vie local et à la résilience socioéconomique souhaités ;
  • un cadre bâti durable, sobre en énergie et en eau ;
  • une place à l’art public favorisant une animation et une expression de l’identité ;
  • une réflexion sur les parcours et la perméabilité avec l’interface végétale en toutes saisons vise à inciter l’adoption de nouvelles habitudes d’une mobilité active ;
  • la nécessité d’un verdissement et d’une biodiversité au lieu du caractère minéral actuel.

Urbaniste(s) impliqué(s) et autres ressource

Martine Peyton, urbaniste, permis 1089

Organismes ayant mené le projet

ELEMENTS Planification Urbaine inc et SIM5 pour l’arrondissement

Partenaires

Hélène Veilleux, SDC District central
Francis Bissonnette, SIM5
Jacqueline Saucier (présidence), Comité d’aménagement

Documents

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Plan directeur d’aménagement du parc agroalimentaire de Baie-Saint-Paul

Un parc agroalimentaire original et complet (Dans «2021-2022, Compilation, Projets novateurs en urbanisme, RU, Relève en urbanisme»

L’industrie agroalimentaire est un pilier économique de la région de Charlevoix. C’est pourquoi la Ville de Baie-Saint-Paul a développé, en collaboration avec la firme l’Arpent, le plan directeur d’un parc agroalimentaire afin de donner une vitrine à des entreprises en pleine croissance. 

Grâce à l’approche collaborative mise de l’avant par la Ville et l’Arpent, la conception du plan directeur a impliqué directement les entreprises, qui prévoyaient s’y installer, dans l’élaboration des lignes directrices de l’aménagement. Cette approche a permis d’innover sur plusieurs plans. L’implication des entreprises en amont a contribué notamment à relever les complémentarités des activités de production dans une perspective d’économie circulaire. En d’autres mots, l’extrant d’une entreprise est repris comme intrant par une autre.  

Dans le but de favoriser des pratiques environnementales innovantes et un projet rassembleur, des espaces de vente ont été inclus dans les immeubles de production et le réseau d’espaces publics du parc agroalimentaire. Cela inclut notamment un « biergarden » et des lieux de détente. Ces espaces publics constituent également la colonne vertébrale des liens piétons et cyclables, des lieux verdis et des infrastructures de gestion des eaux pluviales.

Bien que la présence des entreprises en amont ait été une richesse dans le processus de conception du plan directeur, cela s’est également avéré un défi de convergence. L’autre grand défi provient de la cohabitation des activités du parc agroalimentaire, de type industriel léger, avec des activités adjacentes de type récréatif, agricole et résidentiel. Les espaces publics ont donc été pensés pour faire office de zone tampon.

Le plan directeur se concrétisera par le biais d’une stratégie réglementaire basée sur l’application d’outils discrétionnaires tels qu’un PAE et un PIIA.

Le comité de sélection a particulièrement apprécié la démarche de conception, à la fois innovante et pragmatique. La démarche a généré des complémentarités et une convergence des activités afin de créer des opportunités d’économie circulaire. Aussi, le comité a apprécié les espaces publics de qualité accessibles aux citoyens, ce qui distingue ce parc agroalimentaire d’un modèle plus traditionnel. 

Défis, retombées et enseignements – compléments d’information à la Compilation 2021-2022

Les deux principaux défis rencontrés dans le cadre de la démarche étaient liés à la gestion des parties prenantes et à l’intégration des fonctions sur le site.

Malgré la taille limitée du site et des besoins qui entraient parfois en contradiction, l’équipe de projet est parvenue à élaborer un plan directeur qui répond aux impératifs de production, de manutention et de transport de chaque entreprise.  L’intégration de nouvelles fonctions industrielles légères sur un site entouré par d’autres fonctions représentait également un grand défi de conception.  Ainsi, en plus de leurs bénéfices environnementaux, les espaces verts et infrastructures vertes prévues agissent à titre de zones tampons pour garantir la bonne cohabitation des activités.  Concrètement, le plan directeur définit des paramètres d’aménagement rigoureux et ambitieux tant sur les domaines public que privé.

Le plan est un projet innovant et exemplaire en matière de développement durable. À l’origine, l’idée de créer un parc agroalimentaire est née de considérations majoritairement économiques (production agroalimentaire, tourisme). Néanmoins, l’équipe de projet y a vu l’opportunité de concevoir un pôle de production agroalimentaire en phase avec les besoins des entreprises locales, mais aussi de générer un milieu rassembleur, vert et bien intégré soit :

  • par l’intégration d’un maximum d’infrastructures vertes pour soutenir la biodiversité (bandes végétalisées en trois strates, jardins de pluie, noues, etc.) et pour compenser les surfaces minéralisées vouées à la circulation motorisée et au transport de marchandises ;
  • par l’introduction d’un vaste réseau de voies piétonnes facilitant les déplacements actifs sécuritaires à l’intérieur du site et le déploiement d’un nouvel axe cyclable connecté aux secteurs environnants ;
  • par la prise en compte de la vocation sociale grâce à ses espaces publics qui invitent au divertissement et à la détente.

Urbaniste(s) impliqué(s) et autres ressource

Samuel Descôteaux Fréchette, urbaniste (#1910)

Organismes ayant mené le projet

Ville de Baie-Saint-Paul et firme L’Arpent

Élaboration de la Vision urbanistique du secteur Hickson-Dupuis (H-D)

Élaboration de la Vision urbanistique du secteur Hickson-Dupuis (H-D)

Contexte et démarche (début de la planification 2018, vision adoptée en juin 2021)

Le projet est né de la volonté de planifier le secteur H-D afin qu’il puisse être le reflet d’une vision innovante, mais surtout concertée.  

Identifié comme un secteur de planification détaillé, le zonage du secteur a été modifié en 2010 pour autoriser de l’habitation plus dense et à nouveau en 2018 pour conserver uniquement l’usage « commerce de voisinage » et assurer le statu-quo en attendant que le secteur se dote d’une Vision.  Cette Vision est l’aboutissement d’une démarche de planification entamée en 2018. Elle est le fruit d’une réflexion ponctuée d’actions et de livrables, réalisés tant par l’Arrondissement que par la société civile. Une Opération populaire d’aménagement (OPA) pour le secteur a été initiée par la Table de quartier, et a notamment mené à un cahier de 62 recommandations, déposé en conseil d’arrondissement. La Vision répond favorablement à 92 % des recommandations relevant des champs de compétences de l’Arrondissement. Certaines actions souhaitées à court terme ont déjà été matérialisées (murale et ajout de mobiliers dans un parc).

Le travail collaboratif au sein du comité de pilotage de l’OPA est une belle réussite. À l’initiative de l’Arrondissement, une charrette d’urbanisme a permis de regrouper universitaires, professionnels et citoyens et d’inclure des portes ouvertes et une soirée publique sur les résultats. De plus, d’autres partenaires ont été consultés: des fonctionnaires, la Société de développement commercial (SDC) Wellington, le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, PME Montréal Grand Sud-Ouest et les propriétaires fonciers.

Description

La démarche d’élaboration et le contenu même de la Vision témoignent de son exemplarité. Les jalons franchis se distinguent d’une démarche classique par leur variété : gestes réglementaires, rédaction de documents, activités publiques, outils de communication, gestes politiques, etc. Résultant d’une volonté politique et d’une implication de la société civile convergentes, des actions diversifiées, rarement regroupées dans une seule démarche, ont été réalisées en peu de temps.  L’adoption de la Vision par le conseil d’arrondissement fera partie des acquis pour les citoyens et conservera sa valeur dans le temps, tout en s’arrimant aux paramètres d’aménagements les plus innovants.

La Vision s’appuie en partie sur des documents de planification récents, notamment sur le Plan climat 2020-2030 de la Ville de Montréal qui cible l’atteinte de la carboneutralité en 2050. Pour aller plus loin, d’autres aspects de la transition écologique et sociale ont été intégrés à la Vision, par exemple, l’économie circulaire et la gestion de l’eau et les limites concernant le mode de gouvernance.

Défis, retombées et enseignements

L’un des défis a été de maintenir le lien de confiance avec la Table de quartier tout au long de la démarche. La Table, initiatrice de l’OPA, a su mobiliser des citoyens et s’assurer du suivi des actions à entreprendre par l’Arrondissement. Puisque le secteur offre une opportunité en création de logements sociaux et communautaires, la Table souhaitait s’assurer que cette priorité allait faire l’objet d’un engagement municipal.  Un souci de communiquer clairement à chaque étape les positions tout en démontrant de l’ouverture aux suggestions est demeuré constant.  Un second défi a été de façonner une Vision qui est le reflet d’un consensus entre les élus de différents partis.

Les ingrédients clés sont facilement transposables : utilisation d’outils variés, identification des partenaires clés, plan de communication, adhésion des élus par la démonstration du bien-fondé de la démarche (argumentaire et plan d’action), prise en compte des influences extraterritoriales, contenu ancré dans l’innovation.  La Vision se veut ambitieuse sur différents aspects : sa démarche, ses considérations extraterritoriales, son appel à la collaboration et les thématiques priorisées. Elle vise à réaliser les ambitions suivantes :

  • contribuer à la transition écologique,
  • créer un secteur à échelle humaine,
  • favoriser les déplacements actifs et faciliter les déplacements pour les personnes à mobilité réduite,
  • viser la saine gestion des ressources (encourager les démarches menant à une économie circulaire, maximiser l’utilisation de l’eau et la gestion de l’eau de ruissellement),
  • intégrer le volet culturel et identitaire que peut représenter l’eau,
  • intégrer la question des vues et de la nordicité,
  • proposer des secteurs d’activités phares dont celui du bioalimentaire et du récréo- sportif, et finalement
  • aborder la question de la gestion des nuisances.

La Vision s’inspire également de projets montréalais innovants en gestation faisant écho à des projets internationaux tout aussi innovants. Par exemple, la démarche visant l’adoption du Plan de développement de la communauté nourricière de Verdun tient compte de la Vision et pourrait même la teinter en retour. Cette démarche, qui mènera à l’adoption d’une politique d’agriculture urbaine locale, pourrait préciser certains enjeux et pistes de solution. Finalement, la démarche a été adaptée au contexte territorial par la prise en considération d’un territoire élargi, afin qu’il y ait un échange de bénéfices inter-arrondissements et que tous les citoyen.nes puissent ultimement bénéficier des améliorations aux milieux de vie.

Elle se veut ambitieuse également d’un point de vue social en souhaitant créer un milieu de vie inclusif via les propositions suivantes :

  • favoriser différents modes de tenure foncière,
  • multiplier les initiatives d’agriculture urbaine,
  • encourager les modèles économiques durables,
  • démocratiser des sites peu accessibles au public,
  • mettre à profit l’approche de l’urbanisme transitoire et
  • miser sur la mutualisation des ressources.

Urbanistes impliqués

  • Sylvain Thériault, chef de la division Urbanisme, #1608

Professionnel.le en aménagement impliqué.e

  • Manon Bédard, conseillère en aménagement, baccalauréat en géographie, DESS en planification du territoire et développement local et microprogramme en santé publique.
  • Emeric Boucher, conseiller en aménagement (actuellement commissaire en développement économique), formation en urbanisme ou design urbain

 

Organisation ayant mené le projet

Division de l’urbanisme, Arrondissement Verdun, Ville de Montréal

Partenaires

  • Marie-Claude Dauray, PME-MTL du Grand Sud-Ouest
  • Justine Plessis, la Maison de l’environnement de Verdun
  • Billy Walsh, Société de développement commercial Wellington

Documents