Développement durable et règlements d’urbanisme: l’engagement écosystémique et avant-gardiste du Canton de Lochaber-Partie-Ouest

Le canton de Lochaber-Partie-Ouest a pris les devants pour protéger son environnement (Image: Lochaber-Partie-Ouest)

Cette approche en amont permet non seulement une véritable lutte aux changements climatiques mais également la protection de la biodiversité et des paysages. Un «must» en urbanisme afin d’assurer la qualité de vie des citoyens et des écosystèmes naturels. 

Le Canton de Lochaber-Partie-Ouest a choisi d’agir. Les élus ont choisi d’être responsables et de contribuer à l’élaboration d’instruments réglementaires intégrant systématiquement le développement durable, en modifiant notamment, le Plan et ses règlements d’urbanisme.

Ainsi, le Canton assure une gestion durable de son territoire en:

  1. maintenant un environnement naturel propice à l’épanouissement de l’humain et de la biodiversité;
  2. assurant une vie communautaire et un aménagement durable;
  3. permettant un développement économique intelligent et durable, seulement si les critères 1 et 2 sont respectés.

Comment faire?

Le Plan et les règlements d’urbanisme sont les outils les plus importants pour une municipalité et ils doivent traduire une véritable intervention pour la préservation de l’environnement, de la biodiversité, de l’eau souterraine, de la beauté du paysage, de la valorisation des terres agricoles, ainsi qu’ un positionnement fort à la lutte aux changements climatiques.

Notre approche écosystémique limite la fragmentation de l’écosystème forestier en empêchant la création d’îlots de chaleur, en préservant les milieux de vie et la biodiversité. La réglementation prévoit des dispositions relatives à la gestion des eaux de surface en diminuant le taux d’imperméabilisation des sols, favorisant ainsi une percolation efficiente pour régénérer les eaux souterraines et réduisant, significativement, les risques liés aux inondations. L’engagement d’un aménagement durable exige également l’établissement de dispositions actives, afin de réduire les nuisances relatives aux bruits routiers considérant qu’ils constituent la deuxième nuisance pour la santé et le bien-être des citoyens, après la pollution.

Les élus disposent du cadre légal requis pour préserver la biodiversité, la qualité de l’environnement, faire la lutte aux changements climatiques et ainsi assurer la qualité de vie des citoyens pour les générations présentes et futures.

Pierre Renaud, maire

Des exemples concrets

  • Obligation d’une étude de caractérisation biologique avant l’émission d’un permis de lotissement ou de construction.
  • Protection des corridors écologiques, des milieux humides et hydriques, ainsi que des plantes menacées ou vulnérables et leurs bandes de protection.
  • Aucun renvoi de l’eau de surface du terrain ou des toitures dans les fossés municipaux.
  • Obligation d’identifier les corridors écologiques existants ou création de corridors écologiques, si absence de couvert forestier, au moment d’une demande d’un permis de lotissement ou de construction.
  • Économie et récupération de l’eau de pluie visant à réduire la consommation d’eau.
  • Aucun éclairage extérieur en direction du ciel et vers les corridors écologiques. Obligation d’utiliser des lumières de moins de 2000 kelvins.
  • Obligation d’utiliser des espèces indigènes à la région de l’Outaouais pour la plantation de plantes, d’arbustes et d‘arbres . Aucune espèce exotique n’est permise.

Un travail concerté

Le Canton propose donc aux Lochabérais un Plan d’urbanisme et des règlements d’urbanisme novateurs et exemplaires, faisant ainsi une entrée importante dans le développement durable en assurant quotidiennement un développement intelligent par l’aménagement durable de son territoire.

Devant l’urgence d’agir, nous souhaitons vivement que d’autres municipalités s’inscrivent dans cette démarche, en reproduisant les orientations de développement durable, ou encore, certaines dispositions des règlements d’urbanisme pour un aménagement durable du territoire. Pour les élus municipaux, vous devez réaliser cet engagement en faveur du développement durable, sachant que les plus grands enjeux sont précisément l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et la pérennité de l’environnement.

Pour relever ce défi, il faut souligner l’importance du travail en amont (identification des enjeux, recherche de précédents, rédaction, révision et validation). Le succès de l’exercice repose essentiellement sur le leadership et l’expertise du maire du Canton de Lochaber-Partie-Ouest, monsieur Pierre Renaud, la collaboration et l’engagement passionné du Conseil municipal, ainsi que l’expertise et l’entière implication de l’urbaniste, monsieur Yves Deshaies, OUQ, président et fondateur du Groupe Accord, consultant.

Urbaniste impliqué

Yves Deshaies, président et fondateur du Groupe Accord, consultant. (no. 655)

Partenaires

Pierre Renaud, maire et avocat

Le Conseil municipal du Canton de Lochaber-Partie-Ouest

Contact

Organisation ayant réalisé le projet

Canton de Lochaber-Partie-Ouest

350, rue Victoria,

Thurso, J0X 3B0,

Québec, Canada

Carte

Documentation déposée

Politique du développement durable

Déclaration municipale pour un environnement sain

Règlement de zonage

Règlement relatif aux PIIA

Règlement relatif au lotissement

Règlement de construction

Règlement relatif aux dérogations mineures

Règlement relatif aux usages conditionnels

Règlement relatif aux permis et certificats

Lachine-Est : De la mobilisation citoyenne pour un ÉcoQuartier au partenariat Lachine-Strasbourg

Des membres de l'exécutif de l'organisme Imagine Lachine-Est avec Alain Jude, maire adjoint de Strasbourg et Maja Vodanovic, mairesse de Lachine.

Des membres de l’exécutif de l’organisme Imagine Lachine-Est avec Alain Jude, maire adjoint de Strasbourg et Maja Vodanovic, mairesse de Lachine. Photo: Pascale Lefebvre-Ouellet

Quand des citoyens et des spécialistes en urbanisme ont fondé Imagine Lachine-Est en 2015, ils étaient préoccupés par l’avenir d’un des plus grands projets de redéveloppement montréalais : absence de vision tout comme de processus participatif. Après trois ans de mobilisation citoyenne et une élection municipale qui a brassée les cartes, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) amorçait fin 2018 une consultation sur le projet de Lachine-Est. Il s’agissait d’une démarche historique, réalisée en amont du projet.

La genèse du projet

Afin de contribuer à alimenter la réflexion des citoyens dans cette importante démarche, six organisations communautaires, avec l’appui de l’arrondissement de Lachine, ont jumelé leur effort pour organiser le « Sommet de Lachine-Est ». Ce colloque, présenté sur le thème « L’ÉcoQuartier d’aujourd’hui, la ville de demain » était une initiative d’Imagine Lachine-Est et de la Coalition climat Montréal, réalisé avec la collaboration de Concert’Action-Lachine, du Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME), de Revitalisation Saint-Pierre ainsi que de la Corporation de développement économique et communautaire (CDEC) LaSalle-Lachine.

L’événement

Cet événement a rassemblé plus de 200 participants samedi le 9 mars 2019 au Centre culturel Guy-Descary de Lachine. Réunissant une vingtaine de conférenciers, qui ont animé quatre ateliers, l’événement visait à s’inspirer des meilleures pratiques pour le futur développement de Lachine-Est, tout en dressant les bases d’un futur programme d’aménagement « ÉcoQuartier » montréalais. Parmi les conférenciers, soulignons particulièrement M. Alain Jund, adjoint au maire de Strasbourg en charge de l’Urbanisme et de la Transition énergétique ainsi que président de la Commission nationale ÉcoQuartier française et M. Christian Yaccarini, Pdg du projet Technopole Angus. Le séjour de M. Jund a d’ailleurs été maximisé, avec plusieurs rencontres de travail ainsi qu’une conférence donnée à l’UQAM le 11 mars.

Les suites du Sommet

Le partenariat entre la société civile et l’arrondissement de Lachine pour une nouvelle gouvernance et un meilleur processus participatif inclut également la création le 17 janvier 2019 par les groupes communautaires de l’Atelier Lachine-Est.

Puis, le 14 avril 2019, présentation d’une conférence donnée conjointement par Maja Vodanovic, mairesse de Lachine et Jean-François Lefebvre, président d’Imagine Lachine-Est au Centre canadien d’architecture (Conférence A nous les quartiers) : annonce d’un partenariat entre Lachine et Strasbourg pour appuyer la mise en place d’un ÉcoQuartier dans Lachine-Est.

Finalement, la démarche de Lachine-Est a été choisie comme sujet de recherche du Climate Living Lab, une collaboration d’Ouranos et de la ville de Montréal.

Urbaniste impliqué

David Dumoulin, urbaniste-stagiaire

Organisation ayant réalisé le projet

Imagine Lachine-Est

184 rue Saint-Antoine

Lachine, Montréal, Québec, Montréal H8S 1R9

Canada

Carte

Partenaires

Arrondissement de Lachine

Imagine Lachine-Est

Coalition climat Montréal

Concert’Action-Lachine

Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME)

Revitalisation Saint-Pierre

Corporation de développement économique et communautaire (CDEC) LaSalle-Lachine

Photos

Démarche de participation citoyenne : réinventer la ville de Lac-Mégantic

L’IMPLICATION D’UNE COMMUNAUTÉ POUR LA RECONSTRUCTION DE SON CENTRE-VILLE

© Convercité

À la suite du terrible accident ferroviaire qui s’est produit à Lac-Mégantic en 2013, la Ville a mis sur pied un Comité d’aménagement et de mise en œuvre (CAMEO) afin de mener une grande démarche de participation citoyenne, appelée «Réinventer la ville», dans le but de concevoir le plan de reconstruction de la zone sinistrée. Cette démarche est l’une des plus novatrices et inspirantes en matière de participation citoyenne au Québec. Elle a permis d’inclure plus de 500 citoyens de tous âges et issus de classes sociales variées.

Les citoyens se sont investis au-delà de la participation; certains d’entre eux se sont engagés à animer des tables rondes. Ils se sont questionnés sur la manière de réaliser les projets. Ils ont fait plusieurs propositions et se sont montrés désireux de s’impliquer dans le processus de réalisation. Ainsi, ils ont demandé la création d’un bureau de reconstruction, qui a vu le jour et dans lequel plusieurs d’entre eux se sont directement impliqués. Dans les démarches de participation plus classiques, il est encore rare de voir des citoyens animer des tables de concertation et il est aussi rare de les questionner sur la manière de réaliser les projets, et surtout, de leur demander comment ils pourraient s’impliquer. Pourtant, l’exemple de Lac-Mégantic démontre qu’ils apportent une expertise incroyable pour la planification territoriale de nos villes et que les municipalités ont tout intérêt à collaborer avec eux.

Intégrer les citoyens jusque dans la réalisation des projets

La démarche de Lac-Mégantic est particulière, puisqu’elle s’inscrit dans un contexte postcatastrophe. Cependant, elle amène les professionnels de la participation citoyenne à réfléchir quant aux outils à développer pour profiter de l’étape de participation pour renforcer la communauté et intégrer les citoyens dans la réalisation des projets de leurs villes. Ainsi, l’expérience de Lac-Mégantic peut être inspirante pour bien d’autres municipalités. Un rapport d’étape est disponible en ligne et, bientôt, une nouvelle publication, réalisée par le Bureau de reconstruction et Convercité, l’organisme responsable de l’animation de la participation citoyenne, permettra d’en apprendre davantage sur la démarche. Cette publication constituera un outil supplémentaire pour aider les municipalités à se préparer aux défis de la planification territoriale en incluant la population. Elle présentera les succès de la démarche, mais aussi les difficultés rencontrées et les apprentissages tirés de cette aventure, offrant ainsi une perspective unique sur la participation citoyenne, ses outils et ses stratégies, dans un contexte traditionnel ou postcatastrophe.

CONTACT
Stéphane Lavallée,
Directeur du Bureau de reconstruction du centre-ville, Ville de Lac-Mégantic