Plan et règlements d’urbanisme de la Ville de Bromont

REPENSER LA RÉGLEMENTATION POUR PROTÉGER LES PAYSAGES
© Groupe BC2, 2015.

Pour la révision de son plan d’urbanisme, la Ville de Bromont souhaitait valoriser son patrimoine naturel et paysager en sortant des méthodes conventionnelles de planification. La municipalité a donc remodelé son plan d’urbanisme en se basant sur les principes du « Form-based code ».

Les « Aires de paysage » comme nouvelle base d’aménagement

Ce nouveau plan d’urbanisme est structuré autour de deux concepts : les « Aires de paysage » et les « Plans directeurs d’aménagement ». Les premières sont des portions du territoire dotées de caractéristiques typomorphologiques communes qui constituent les paysages patrimoniaux de Bromont. Des objectifs spécifiques d’aménagement y sont établis. À titre d’exemple, la catégorie « périvillageoise de montagne (desservie) » a comme objectifs le développement d’un produit immobilier rendu unique par l’offre d’une diversité d’habitations desservies par des installations de plein air, alors que la catégorie « périvillageoise de montagne (non desservie) », bien qu’établie dans le même type d’environnement, vise une faible densité dans une perspective de conservation environnementale. De leur côté, les « Plans directeurs d’aménagement » sont des aires de paysages uniques qui font l’objet d’une planification urbaine particulière.

Pour mettre en œuvre ces nouveaux principes d’aménagement, il a fallu adapter ces concepts aux outils conventionnels que sont les règlements d’urbanisme. C’est pourquoi les règlements de zonage ont été révisés pour être simplifiés, et ce, en fonction des aires de paysages identifiées. Par exemple, l’affichage est dorénavant géré par aire de paysage et non uniquement par type d’enseigne. Par ailleurs, le règlement sur les PIIA s’arrime complètement au plan d’urbanisme et détermine pour chaque aire des critères d’évaluation des projets, tels que la qualité, la performance énergétique ainsi que la durabilité des nouveaux projets.

Cette manière de concevoir les plans d’urbanisme est nouvelle au Québec, et cette expérience à Bromont est un des premiers exemples locaux en la matière, ouvrant la porte aux autres municipalités souhaitant passer à un « Form-based code ». Il s’agit d’un modèle particulièrement pertinent pour les municipalités rurales cherchant de nouveaux outils pour protéger leurs paysages traditionnels.

Contact
Steve Potvin, urbaniste,
Directeur principal

Écoquartier le domain Kogan à Rivière-du-loup

Démarche de conceptualisation de projet exemplaire

© Ville de Rivière-du-loup, 2015.

Le projet d’écoquartier du domaine Kogan est constitué d’une friche industrielle et d’un terrain commercial privé pour une superficie totale de moins de deux hectares. Le concept d’aménagement adopte plusieurs mesures permettant de réduire la consommation d’énergie tout en maximisant l’utilisation de celle-ci. L’objectif est de construire 200 logements avec des ratios de stationnement réduits et en sous-terrain, des bâtiments mitoyens, des rues étroites et végétalisées, une mixité d’usages, des toits verts et des espaces verts partagés.

La prise en charge du développement par la Ville

L’aspect innovant du domaine Kogan réside d’une part dans la démarche de gestion et de conceptualisation du projet, et d’autre part dans la qualité des réalisations prévues. La Ville de Rivière-du-Loup a choisi d’être le maître d’ouvrage du projet et d’utiliser les compétences présentes au sein de son administration municipale afin d’assurer une conception concertée et ancrée dans la réalité locale. Le comité de travail intègre également des experts externes de Vivre en ville, qui offrent un soutien dans la conception du projet. Cette démarche concertée nécessite des délais plus longs, mais ce développement de l’écoquartier servira de levier pour le développement futur de la ville. Le fait que la Ville demeure responsable du projet de la conception à la vente des lots permet d’assurer le respect des critères d’aménagement développés dans la mise en œuvre.

Le quartier est conçu à l’échelle humaine avec des bâtiments de quatre étages et moins répartis sur 17 lots qui seront développés par des promoteurs différents et par l’autopromotion afin d’assurer une multiplicité des formes et des modes d’habitation. Les réalisations de l’écoquartier en matière de développement durable intègrent également la gestion de l’eau à différentes échelles (toits verts, terrain, site, puis écosystème).

© Ville de Rivière-du-loup, 2015.

La localisation de l’écoquartier sur une friche industrielle dans le centre-ville de Rivière-du-Loup et sa connectivité, tant à la rue principale qu’aux éléments naturels à proximité, ajoutent au caractère durable du projet. La trame urbaine du quartier prévu complète la trame existante et permet de renforcer des liens piétonniers déjà réalisés. Nous ne sommes donc pas ici dans un contexte où l’on utilise l’appellation « écoquartier » pour promouvoir la densification de sites excentrés ou peu propices à l’urbanisation ; on utilise au contraire les propriétés de l’écoquartier pour dynamiser un centre-ville existant.

Contact
Myriam Marquis, urbaniste
Directrice de l’urbanisme, Ville de Rivière-du-Loup

Le village en haut du ruisseau à Dieppe

PROJET PILOTE MODÈLE DE DESIGN DE QUARTIER DURABLE

© TriDev Corporation

Le développement résidentiel en région est très souvent un grand consommateur d’espace. La conception du « Village en haut du ruisseau » vise au contraire à conserver une grande partie du boisé existant et à rentabiliser l’installation d’infrastructures en densifiant les résidences dans les nouveaux développements.

En 2004, le promoteur TriDev Corporation, souhaitant développer un lotissement résidentiel, demande un changement de zonage à la Municipalité de Dieppe. C’est à cette occasion que la Municipalité, en partenariat avec la province du Nouveau-Brunswick, propose au développeur de réaliser un projet pilote de DECOD (design de collectivité durable) pour concevoir un lotissement respectant les principes du développement durable. En 2009, une première phase est lancée, et en 2015, c’est la sixième phase qui commence.

Un amalgame de bonnes pratiques

Le terrain développé compte 12,5 hectares, dont 8,5 sont conservés au titre d’espaces sensibles ou significatifs. Sur les trois hectares restants, 217 logements seront construits grâce à la réduction de la taille des terrains et 20 % d’entre eux sont des logements plus abordables. La réduction de la taille des terrains dédiés aux habitations attire également des résidents qui ne souhaitent pas avoir un grand terrain à entretenir, mais qui veulent vivre dans un environnement de qualité grâce à la grande part d’arbres matures conservés. D’autre part, le coût d’installation et d’entretien des infrastructures est réduit, puisque celles-ci desservent un grand nombre de résidences pour un déploiement limité.

De nombreuses études ont été réalisées pour caractériser le terrain à développer. Une fois les espaces naturels à conserver déterminés, le développement résidentiel est conçu dans les espaces qui n’ont pas d’intérêt naturel particulier. Il a été choisi de construire les rues dans une logique est-ouest pour assurer un ensoleillement optimal et de grands arbres matures sont conservés au nord du lotissement pour protéger les habitations des vents hivernaux.

Ce projet est un exemple de conception conjointe où le temps et le travail ont permis d’améliorer significativement la qualité du développement résidentiel. Le promoteur pourra construire 217 logements, alors que le zonage initial en permettait seulement cinq. La municipalité a également pu grandement accroître ses recettes fiscales et rentabiliser le déploiement des infrastructures. Des étudiants ont aussi participé au projet, notamment la School of Planning de l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse et le groupe Littoral et vie de l’Université de Moncton.

Contact

André Frenette
Directeur du Service de planification et de développement, Ville de Dieppe