Première enquête sur le covoiturage à l’échelle provinciale dans une perspective d’améliorer la mobilité durable

Lancement de l’enquête sur le covoiturage. Image: OuiHop

Au Québec, il y a 25 millions de sièges inutilisés dans les déplacements automobiles. Les autoroutes et les transports collectifs en milieux urbains sont surchargés. En milieu suburbain, le covoiturage peut aussi être une solution avantageuse et simple alors que l’offre en transport collectif peut être déficiente.

Afin de pallier cette problématique en mobilité, une enquête sur le covoiturage a été réalisée avec ELEMENTS Planification Urbaine plus 8 autres organisations bénévoles œuvrant à la promotion d’une mobilité durable. Ce partenariat a été coordonné par un des opérateurs en covoiturage, OuiHop’. Les objectifs de cette enquête à l’échelle provinciale visaient : à connaitre les motivations et les réticences à ce mode de transport ainsi qu’à faire connaître son potentiel en tant qu’une alternative au véhicule utilisé en solo. L’étude se déroula du 1er juin au 26 août 2018 via une diffusion sur les médias sociaux et le web. Près de 2 000 participants représentatifs à travers le Québec ont répondu à une cinquantaine de questions liées au covoiturage.

ELEMENTS Planification Urbaine a participé activement à toutes les étapes, depuis l’élaboration des questions dès le printemps 2018, à la diffusion du questionnaire à la conférence MOVIN’ON 2018 jusqu’au document de présentation servant au dévoilement des résultats le 25 septembre 2018 au Forum URBA à l’UQAM. L’expertise urbanistique a consisté en l’ajout de questions précises notamment sur la signalisation des lieux de covoiturage, sur les zones à desservir, la sécurité des usagers et les connexions multimodales.

Lors de la présentation des résultats, il a été démontré, entre autres, que la majorité des répondants ont un intérêt pour cette pratique même si les services offerts sont à connaître mieux et à signaler sur le territoire. De plus, les avantages suivants ont été reconnus : protection de l’environnement, accès aux voies et stationnement réservés et économies monétaires.

Résultats

Les résultats recueillis permettront de guider les actions futures des autorités de transport et des municipalités autant urbaines que rurales :

À court terme : 

1) Tester et mettre en place des incitatifs modulables sur des itinéraires choisis et financés par les municipalités et les autorités de transport ;

Réaliser des enquêtes localement pour informer et adapter le service aux besoins ;

2) Étudier des solutions de points de rencontre sur rue ;

À moyen terme :

1) Aider à créer des outils numériques (mobilité intégrée, preuve de covoiturage, etc.) ;

2) Déployer des stationnements et des voies réservées ;

3) Défiscaliser certains incitatifs au covoiturage.

Mise en place des initiatives

Cette première enquête nationale sur le covoiturage a permis d’identifier qui a de l’intérêt et comment ce mode de transport complémentaire au transport collectif pourrait se développer sur les territoires des municipalités. Les trajets quotidiens et de courte durée ont été ciblés. L’enquête a révélé entre autres le grand intérêt du public à utiliser ce mode ( 81 %) mais aussi qu’ils ne savaient pas comment l’utiliser (48% pour les horaires; 13% pour identifier les covoitureurs). L’autre aspect marquant est le besoin qu’il y ait un point de covoiturage identifié à 83 % des répondants (73% près des stations de transport collectif et 15 % des zones commerciales).

Dans un second temps, les actions innovatrices en découlant visent à organiser le service de covoiturage sous une forme similaire à un réseau de transport collectif en réfléchissant aux lieux/aux trajets, en le rendant concret pour les usagers par la signalisation et en l’intégrant aux plateformes de transport selon l’exemple de Vianavigo.

Cette enquête peut être adaptée et reproduite aux échelles des municipalités. La diffusion et la mise en place d’un service covoiturage a un impact environnemental positif en permettant de compléter et en complémentarité du réseau de transport collectif et en accroissant l’offre d’une mobilité durable au lieu de l’automobile en solo. La desserte par une ligne d’autobus exige un minimum de 250 passagers par jour et ce minimum n’est pas atteint dans tous les secteurs urbains. C’est un mode économique de transport. La pratique du covoiturage à plus grande échelle a aussi un objectif de réduire la congestion routière en utilisant les sièges déjà disponibles. Des projets pilotes sont annoncés et seront dévoilés prochainement. Notamment, c’est le cas pour les travaux d’infrastructures routières majeures du tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine où le covoiturage fait partie de l’une des 4 mesures d’atténuation en visant une cible de réduction de 15 % (retrait de 250 voitures/heure).

Urbaniste impliqué

Martine Peyton, no. 1089

Organisation ayant mené le projet

ELEMENTS Planification Urbaine

2360 rue Notre-Dame Ouest, Suite 201, Montréal (QC), H3J 1N4

Montréal, Québec H3J 1N4

Canada

Carte

Partenaires

Marine Imbert, OuiHop

Documentation

Enquête sur le covoiturage courte distance au Québec

Photos

Des rues inspirantes – un inventaire pour passer à l’action

Des rues inspirantes. Photo: Centre d’écologie urbaine de Montréal.

Contexte

Les rues offrent plus qu’un seul rôle de mobilité. Elles ont une incidence sur les sphères sociales et environnementales de nos villes. La présence des artères urbaines, du réseau de connectivité entre les modes de transport, le déploiement d’axes de transport actif et les multiples profils des utilisateurs représentent un défi de conception et d’implantation dans les milieux de vie. Différents concepts de partage de la rue, tel que la rue conviviale, sont mis en œuvre dans les municipalités du Québec afin de promouvoir et faciliter le transport actif et collectif.

Le projet

Le CEUM a répertorié des initiatives innovantes de réfection de rues afin d’inspirer les professionnels et décideurs à explorer de nouvelles solutions pour leurs municipalités. Au final, la première version de l’inventaire met en valeur 9 initiatives de rues conviviales menées au Québec. Dans un contexte où le Québec s’est engagé dans la voie de la mobilité durable à l’aide d’une politique audacieuse et où des centaines de kilomètres d’infrastructures sont à rénover dans les municipalités québécoises, l’inventaire proposé permettra d’inspirer des décideurs et professionnels de partout au Québec. Cet inventaire de rues conviviales est un outil destiné au grand public, aux professionnels et aux décideurs qui s’intéressent à cette approche. Il permet d’en apprendre sur l’application de ces principes d’aménagement dans divers contextes urbains et suburbains à partir de projets réalisés ou en cours. Il sert également à diffuser et à mettre en valeur des projets assurant la sécurité et le confort des usagers de la route.

LE CEUM travaille à une deuxième édition incluant une dizaine de projets de rues conviviales supplémentaires. Cet inventaire sera lancé à l’automne 2019.

Les objectifs de l’initiative sont de :

  • Rechercher et analyser des exemples de projets de rues inspirantes;
  • Promouvoir le concept des rues conviviales;
  • Démontrer la réalisation de projets de rues conviviales dans le contexte québécois.

Documentation

Présentation du projet

Urbaniste impliqué

Mikael St-Pierre, no. 1660

Organisation ayant mené le projet

Centre d’écologie urbaine de Montréal

3516 avenue du Parc

Montréal, Québec H2X 2H7

Canada

Carte

Partenaires

Peter W. Murphy, conseiller en design urbain à la Ville de Québec

Nancy Smith Lea, director Toronto Centre for Active Transportation

Gestion de la crise des inondations de 2017 à Rigaud

Gestion intégrée et collaborative du rétablissement des inondations historiques à Rigaud

© Josiane Pharand (séance de photographie en hélicoptère en date du 4 mai 2017)

Les crues historiques du printemps 2017 de la rivière des Outaouais ont endommagé un nombre important de propriétés riveraines dans plus de deux cents municipalités. Ce sinistre a engendré la mise en place d’un processus de rétablissement et de gestion des demandes de réparations des dommages. C’est aussi dans ce climat d’urgence que les citoyens ont dû s’informer et comprendre les dispositions de l’aide financière, des mesures d’urgence, ainsi que de la réglementation en vigueur.

Un projet de centralisation des ressources pour optimiser le service

C’est dans ce contexte de mesures d’urgence que la Municipalité a centralisé ses ressources et a ainsi pu gérer plus efficacement les demandes des citoyens, tant sur le plan humanitaire que communicationnel. La Ville de Rigaud a donc décidé d’engager une firme, Infra Planification urbaine, pour mettre en œuvre un outil de gestion de crise. Grâce à cette approche de gestion, il a été possible de répondre plus efficacement à la situation en distribuant l’aide humanitaire d’une façon équitable entre les citoyens, et ce, sans compromettre les services habituels de la Ville. La mise en place d’une véritable cellule de crise a permis aussi une gestion intégrée et collaborative entre les différentes parties prenantes du processus de rétablissement.
Un nouveau modèle de gestion en temps de crise
Le travail conjoint de l’équipe de la cellule de crise (inspecteurs en urbanisme et gestionnaires) avec le Service d’urbanisme de la Ville de Rigaud, ainsi que les services de la Croix-Rouge canadienne, du CSSSMO et de l’Armée du Salut, a mené à une gestion intégrée et efficace des dossiers et a permis une meilleure résilience. En effet, s’il peut être difficile pour un citoyen en temps normal de trouver de l’information sur la distribution de l‘aide humanitaire ou de comprendre la réglementation municipale, en période de crise cela se complique. Cette méthode intégrée des services a su distribuer l’information simplifiée, ce qui a assuré la compréhension du processus décisionnel derrière l’attribution de permis de rénovation ou la décision de démolition. Ainsi, les sinistrés étaient pris en charge par les différentes instances et ont reçu l’aide nécessaire pour un rétablissement efficace et rapide.

Les retombées de la démarche

Après la crise, il est évident que la centralisation des demandes a permis de mieux orienter les citoyens sur la réglementation municipale en zone inondable. Dans un contexte de changements climatiques et de risques accrus de sinistres, ce modèle de gestion reproductible et adaptable est un pas de plus vers la résilience urbaine.

CONTACT

Manel Djemel, urbaniste-stagiaire

Plan lumière de la capitale à Ottawa

Une vision du territoire nocturne

© Lumipraxis stratégie lumière pour la CCN, 2018.

En raison des nouvelles technologies et de leur coût moindre, la région de la capitale du Canada fait face à une augmentation de projets de mises en lumière de tous types et de toutes envergures. Pour s’assurer de la mise en valeur du caractère naturel et culturel nocturne, la Commission de la capitale nationale (CCN) a mis sur pied un plan lumière directeur guidant ces initiatives. En se dotant de cet outil, la CCN souhaitait orienter la conception et l’évaluation de ces projets dans une vision globale plutôt que de traiter des projets isolés sans fil conducteur.

Mettant en œuvre plusieurs objectifs, l’ensemble du document a pour but d’embellir et de sécuriser la région après la tombée de la nuit, de la rendre plus agréable et de forger l’identité du lieu.

Un projet participatif à la jonction de multiples disciplines

Le Plan lumière aborde un domaine émergent de la lumière et de son potentiel qui est l’intersection de l’urbanisme, du design urbain, de l’architecture, de l’art visuel et de l’ingénierie. Développé en collaboration avec la Ville de Gatineau, la Ville d’Ottawa, ainsi qu’avec une gamme de parties prenantes publiques et privées, sa méthodologie a été élaborée sur la base d’une approche très participative : conférence, atelier public, codesign, marches nocturnes, sondage en ligne, etc. Elle a également été adaptée afin de mettre l’accent sur la sensibilisation des parties prenantes. Ainsi, une base de connaissance plus solide a été créée, contribuant à un intérêt grandissant par rapport au domaine de la lumière.

La lumière planifiée dans tous ses états

Le plan traite de l’éclairage privé et public, de l’éclairage fonctionnel, artistique, évènementiel et des moyens de réduire les nuisances sur l’environnement. Il définit un « concept d’illumination » qui établit les grandes lignes de la scénographie nocturne globale. Aussi, afin d’illustrer visuellement l’impact que le plan pourrait avoir sur les panoramas nocturnes de la région, ce dernier présente des rendus d’inspiration permettant la compréhension de tout un chacun.

Outil et guide sur la mise en lumière d’un territoire et du cadre bâti (édifices, art public, places publiques, etc.), le plan a déjà généré plusieurs retombées positives sur la région depuis son adoption en 2017, à savoir des projets tels que des espaces publics, édifices, parcs et sentiers.

CONTACT

Lucie Bureau, urbaniste
Directrice, Planification à long terme et transport, Commission de la capitale nationale

Chroniques radio : ça marche doc!

LIENS CAUSAUX ENTRE LA SANTÉ ET L’AMÉNAGEMENT URBAIN
© Anaïs Labbé, 2017.

La santé publique est l’une des considérations récurrentes dans les théories développées par les urbanistes. Alors qu’au XIXe siècle, elle concernait avant tout les équipements sanitaires et les rejets industriels, les praticiens d’aujourd’hui reconnaissent le rôle que jouent les aménagements urbains dans les pathologies associées au style de vie, telles que les problèmes d’obésité, les maladies cardiopulmonaires provoquées par les polluants générés par les transports ou encore certains troubles de la santé mentale. Afin de sensibiliser la population à l’impact de l’aménagement de leur milieu de vie sur la santé, les établissements de santé du grand Québec-Lévis (CIUSSS de la Capitale-Nationale, CISSS de Chaudières-Appalaches, CHU de Québec-Université Laval, Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval) et l’INSPQ-Fonds vert ont collaboré pour réaliser une série de chroniques radiophoniques, associées à des marches exploratoires.

L’aménagement urbain comme outil de prévention en santé publique

Les chroniques diffusées hebdomadai-rement sur les ondes de Radio-Canada ont donné la parole à des médecins de diverses spécialités ainsi qu’à des experts des disciplines de l’aménagement, dont des urbanistes, aménagistes et architectes afin de vulgariser différents enjeux de santé publique liés au milieu de vie. Afin d’appuyer par du concret les discussions radiophoniques, des marches ont été organisées pour illustrer les différentes thématiques abordées dans les émissions. La couverture médiatique du projet Ça marche Doc! a permis de rejoindre un public estimé à 300 000 personnes, en plus des 8000 visites au site Web du projet et des 500 participants aux marches. La visibilité de ce projet de sensibilisation a par ailleurs incité divers acteurs du milieu (dont l’OUQ) à travailler à un projet de Politique d’intégration de la santé préventive en aménagement urbain.

À la suite du succès de Ça marche Doc!, une deuxième phase a vu le jour à l’automne 2017, cette fois à la télévision. Une série de 24 émissions de 28 minutes est actuellement diffusée sur MATv (télévision communautaire), grandement inspirée des chroniques radiophoniques. Les marches sont toujours au programme et seront directement ajoutées au contenu des émissions. Les émissions, de par leur durée plus importante que celle des émissions radiophoniques, permettent de présenter de bonnes pratiques à l’écran et de rejoindre un public plus large.

CONTACT

Johanne Elsener
Conceptrice et coordonnatrice du projet