Projet de requalification du secteur Champ-de-Mars à Montréal

LA PLANIFICATION URBAINE À L’HEURE DE LA VILLE INTELLIGENTE ET CRÉATIVE
© Ville de Montréal

En prévision de son 375e anniversaire, la Ville de Montréal souhaite réparer la coupure dans le tissu urbain occasionné par l’autoroute Ville-Marie. Face à cette problématique, la Ville a lancé une démarche de requalification urbaine. Le « projet Secteur Champ-de-Mars » vise à mettre en valeur un réseau d’espaces publics de grande qualité, à retisser les liens entre le secteur du centre-ville et le Vieux-Montréal et à atténuer le caractère autoroutier du secteur.

Le projet intègre activement le citoyen dans toutes les étapes du processus de conception et de mise en œuvre. Le procédé est notable, car il est significatif du changement de paradigme de l’urbanisme opérationnel. En effet, la démarche, éprouvée dans les processus d’écriture des documents de planification ou dans la mise en place de projets d’urbanisme tactique, l’est moins pour des projets d’urbanisme opérationnel d’une telle ampleur.

Intégrer les citoyens dans la réflexion d’aménagement

L’implication citoyenne a permis d’identifier plusieurs enjeux liés à l’appropriation du secteur par les usagers, à la convivialité des liens de mobilité, à la qualité de l’aménagement urbain, à la mise en valeur d’un patrimoine riche et diversifié et à la mise en valeur des paysages monumentaux. De ces enjeux découlent les grands objectifs qui reflètent les aspirations et les valeurs de la communauté :

  • FAVORISER la participation citoyenne;
  • CRÉER un réseau d’espaces publics accueillants, animés et plus verts;
  • TISSER des liens avec les autres quartiers;
  • AMÉLIORER l’animation urbaine et la cohabitation entre les différents usagers de l’espace public;
  • ATTÉNUER l’ambiance autoroutière et bonifier les parcours piétonniers;
  • METTRE en valeur le patrimoine urbain.

La participation citoyenne, jalonnée par deux ateliers de coconception, a été étirée dans le temps après le premier évènement grâce à une plateforme interactive ouverte sur une période de quelques semaines. Ce temps de sollicitation a été établi pour maximiser le nombre de participants tout en conservant le caractère ponctuel et attrayant du processus. Cette démarche itérative a permis de mettre à profit le potentiel créatif des citoyens et l’expertise municipale. Dans un contexte organisationnel semblable, elle pourrait être répétée pour mettre en œuvre d’autres projets urbains ambitieux afin de rallier les volontés politiques, les aspirations citoyennes et l’expertise professionnelle.

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Claude Laurin, architecte
Chef de division, Division des projets urbains, Direction de l’urbanisme, Service de la mise en valeur du territoire, Ville de Montréal

Plan et règlements d’urbanisme de la Ville de Bromont

REPENSER LA RÉGLEMENTATION POUR PROTÉGER LES PAYSAGES
© Groupe BC2, 2015.

Pour la révision de son plan d’urbanisme, la Ville de Bromont souhaitait valoriser son patrimoine naturel et paysager en sortant des méthodes conventionnelles de planification. La municipalité a donc remodelé son plan d’urbanisme en se basant sur les principes du « Form-based code ».

Les « Aires de paysage » comme nouvelle base d’aménagement

Ce nouveau plan d’urbanisme est structuré autour de deux concepts : les « Aires de paysage » et les « Plans directeurs d’aménagement ». Les premières sont des portions du territoire dotées de caractéristiques typomorphologiques communes qui constituent les paysages patrimoniaux de Bromont. Des objectifs spécifiques d’aménagement y sont établis. À titre d’exemple, la catégorie « périvillageoise de montagne (desservie) » a comme objectifs le développement d’un produit immobilier rendu unique par l’offre d’une diversité d’habitations desservies par des installations de plein air, alors que la catégorie « périvillageoise de montagne (non desservie) », bien qu’établie dans le même type d’environnement, vise une faible densité dans une perspective de conservation environnementale. De leur côté, les « Plans directeurs d’aménagement » sont des aires de paysages uniques qui font l’objet d’une planification urbaine particulière.

Pour mettre en œuvre ces nouveaux principes d’aménagement, il a fallu adapter ces concepts aux outils conventionnels que sont les règlements d’urbanisme. C’est pourquoi les règlements de zonage ont été révisés pour être simplifiés, et ce, en fonction des aires de paysages identifiées. Par exemple, l’affichage est dorénavant géré par aire de paysage et non uniquement par type d’enseigne. Par ailleurs, le règlement sur les PIIA s’arrime complètement au plan d’urbanisme et détermine pour chaque aire des critères d’évaluation des projets, tels que la qualité, la performance énergétique ainsi que la durabilité des nouveaux projets.

Cette manière de concevoir les plans d’urbanisme est nouvelle au Québec, et cette expérience à Bromont est un des premiers exemples locaux en la matière, ouvrant la porte aux autres municipalités souhaitant passer à un « Form-based code ». Il s’agit d’un modèle particulièrement pertinent pour les municipalités rurales cherchant de nouveaux outils pour protéger leurs paysages traditionnels.

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Steve Potvin, urbaniste,
Directeur principal

Vieillir en santé dans des quartiers sécuritaires à Montréal

IMPLICATION DES AÎNÉS DANS L’AMÉNAGEMENT DE LEUR QUARTIER
© TCAÎM, 2015.

La Table de concertation des aînés de l’île de Montréal (TCAÎM), en partenariat avec le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), a mis en place la démarche « Vieillir en santé dans des quartiers sécuritaires », qui vise à cibler, en collaboration avec les instances locales (administration et tables de concertation locale des aînés), des secteurs à forte proportion d’aînés (plus de 15% de la population) qui présentent des enjeux de sécurité et dans lesquels des réaménagements seraient nécessaires.

La démarche se déroule en quatre étapes :

  • un diagnostic des problématiques d’aménagement (mobilité, signalisation, mobilier urbain, sécurité);
  • un atelier participatif dans lequel les aînés sont consultés afin de cibler les parcours de marche empruntés, les obstacles rencontrés, les lieux fréquentés et les améliorations souhaitées;
  • une marche exploratoire avec les aînés qui enrichit l’information sur leur expérience de l’espace en tant que piétons et durant laquelle l’audit de potentiel piétonnier actif sécuritaire de la Direction de santé publique de Montréal est appliqué;
  • des propositions d’aménagement qui s’appuient sur les trois étapes précédentes.

Adapter l’aménagement au vieillissement de la population

Alors que les aînés représenteront près d’une personne sur cinq d’ici 10 ans, leur parole n’est pas toujours représentée dans les débats publics concernant l’aménagement du territoire. Pourtant, ils sont, avec les jeunes enfants, la population la plus touchée dans des accidents impliquant des piétons. Dans le contexte de vieillissement de la population, la démarche permet donc de créer un espace où les aînés sont à même de définir leurs propres besoins en matière d’aménagement, de signalisation, de mobilier urbain et de sécurité. Elle outille les aînés et les regroupements locaux pour leur permettre de faire valoir leurs besoins auprès des élus.

En implantant cette démarche, les administrations locales choisissent d’adapter les infrastructures en fonction de la mobilité des personnes vulnérables, améliorant ainsi l’accès des aînés, mais également des personnes avec des limitations fonctionnelles et des familles avec de jeunes enfants à leur territoire. Il s’agit d’une application ancrée dans la réalité locale des engagements pris par la Ville-centre dans le cadre de la démarche Municipalité amie des aînés.

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Félix Gravel
Responsable des Campagnes transport, GES et aménagement du territoire, CRE-Montréal

Projet Bonaventure : de l’autoroute au boulevard

Passer de coupure à vitrine à l’entrée de la Ville
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© Ville de Montréal
Le tronçon de l’autoroute Bonaventure situé entre le milieu du canal de Lachine et la rue Notre-Dame, où les voies rapides prenaient fin, appartenait à la Ville de Montréal jusqu’à sa démolition en 2016. En effet, plutôt que d’investir pour prolonger la vie utile de cette structure sur pilotis construite en 1966, la Ville a choisi de la remplacer par un boulevard urbain au niveau du sol. Cette opération d’envergure, qui constitue le cœur du Projet Bonaventure, permet de renouveler une entrée majeure du centre-ville, de retisser les liens entre les secteurs lui étant adjacents et de soutenir le redéveloppement urbain.

L’accès au centre-ville revêt une importance fondamentale pour le développement de Montréal. Le centre-ville représente toutefois un environnement urbain dense et complexe qui constitue à la fois une destination et un milieu de vie. La Ville doit donc s’assurer que les infrastructures de transport s’y intègrent en conséquence.

Le boulevard urbain change la configuration des rues du secteur. Les voies autoroutières se terminent désormais à la rue Wellington, et les intersections avec les rues transversales sont gérées à l’aide de feux de circulation. Des voies réservées aux autobus ont été implantées de même qu’un système de transport intelligent (STI) permettant la gestion dynamique des feux de circulation. Des infrastructures de qualité pour les piétons ont été aménagées. Des aménagements cyclables ont également été implantés dans les rues avoisinantes.

De l’art public qui côtoie des aires de jeux et de repos

L’espace libéré par la démolition de l’autoroute a été transformé en une importante séquence de lieux publics. Celle-ci contribue à améliorer la qualité de vie des résidents. Un total de 24 000 mètres carrés d’espaces publics a été aménagé afin de répondre au manque de lieux publics dans le secteur. Une importante proportion des surfaces minéralisées est maintenant composée de matériaux perméables. Par ailleurs, le projet contribue au verdissement du centre-ville de Montréal par la plantation de plus de 300 nouveaux arbres. Chaque extrémité de la séquence de lieux publics présente une œuvre d’art majeure; une de l’artiste espagnol de renommée internationale Jaume Plensa au Sud et l’autre de l’artiste montréalais Michel de Broin au Nord.

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Pierre Sainte-Marie, urbaniste
Chef de division, Service des infrastructures, de la voirie et des transports