Village Au pied-du-courant à Montréal

UNE FENÊTRE CITOYENNE SUR LE FLEUVE SAINT-LAURENT
© Jean-Michel Seminaro, 2015.

Le Village au Pied-du-Courant est une initiative citoyenne et communautaire visant la réappropriation d’un terrain délaissé de la ville, qui offre une perspective exceptionnelle sur le paysage emblématique de Montréal, soit le fleuve Saint-Laurent. Ce projet traduit de façon concrète et spectaculaire le pouvoir de la communauté pour la valorisation du paysage urbain. Le projet (initialement nommé Village Éphémère) a été lancé par l’Association du design urbain du Québec (ADUQ) à l’été 2014, puis repris et orchestré par Pépinière & Co, à la suite de la demande de nombreux Montréalais qui souhaitaient pérenniser l’événement.

Pour aménager le lieu, l’organisme a fait appel à la collaboration d’artistes, d’artisans et de designers locaux, leur offrant un lieu d’expression, d’occasions et d’expérimentation hors du commun. La programmation regroupe des événements et des activités diverses, et ce, pour l’ensemble de la population, afin que tous puissent s’approprier le site. On retrouve également des activités sportives, un cinéma en plein air, un jardin avec des installations artistiques, une promenade riveraine, de la cuisine de rue, un biergarten ou « jardin de bière » et, finalement, une plage artificielle qui accueille un grand nombre d’activités et d’animations.

Chaque été, le site devrait reprendre vie sous une nouvelle forme. Pour Pépinière & Co, ce projet est le premier d’une série d’initiatives pour améliorer les espaces délaissés de Montréal et révéler leur potentiel (Jardins Gamelin, l’Hivernale, Marché du Nord, etc.).

Assurer la transition d’un site festif à une place publique fréquentée

Actuellement, l’achalandage au site est concentré lors d’événements ponctuels, notamment du fait que le site est en marge de la ville, loin des rues très fréquentées du centre-ville. Le défi reste de faire du site un espace porté non seulement par des interventions éphémères, mais aussi une place publique à la fréquentation régulière et mixte.

Le financement du projet demeure un enjeu. Alors que les porteurs du projet ont à cœur de créer une place publique que tous pourraient s’approprier, de nombreux projets similaires ont dû être privatisés ou on a dû monnayer l’accès au site. Ce modèle de fonctionnement, à l’inverse de l’esprit des organisateurs, est promu par un nombre de bailleurs de fonds toujours plus grand.

CONTACT
Jérôme Glad
Chargé du développement, Pépinière et Co.

Démarche de participation citoyenne : réinventer la ville de Lac-Mégantic

L’IMPLICATION D’UNE COMMUNAUTÉ POUR LA RECONSTRUCTION DE SON CENTRE-VILLE

© Convercité

À la suite du terrible accident ferroviaire qui s’est produit à Lac-Mégantic en 2013, la Ville a mis sur pied un Comité d’aménagement et de mise en œuvre (CAMEO) afin de mener une grande démarche de participation citoyenne, appelée «Réinventer la ville», dans le but de concevoir le plan de reconstruction de la zone sinistrée. Cette démarche est l’une des plus novatrices et inspirantes en matière de participation citoyenne au Québec. Elle a permis d’inclure plus de 500 citoyens de tous âges et issus de classes sociales variées.

Les citoyens se sont investis au-delà de la participation; certains d’entre eux se sont engagés à animer des tables rondes. Ils se sont questionnés sur la manière de réaliser les projets. Ils ont fait plusieurs propositions et se sont montrés désireux de s’impliquer dans le processus de réalisation. Ainsi, ils ont demandé la création d’un bureau de reconstruction, qui a vu le jour et dans lequel plusieurs d’entre eux se sont directement impliqués. Dans les démarches de participation plus classiques, il est encore rare de voir des citoyens animer des tables de concertation et il est aussi rare de les questionner sur la manière de réaliser les projets, et surtout, de leur demander comment ils pourraient s’impliquer. Pourtant, l’exemple de Lac-Mégantic démontre qu’ils apportent une expertise incroyable pour la planification territoriale de nos villes et que les municipalités ont tout intérêt à collaborer avec eux.

Intégrer les citoyens jusque dans la réalisation des projets

La démarche de Lac-Mégantic est particulière, puisqu’elle s’inscrit dans un contexte postcatastrophe. Cependant, elle amène les professionnels de la participation citoyenne à réfléchir quant aux outils à développer pour profiter de l’étape de participation pour renforcer la communauté et intégrer les citoyens dans la réalisation des projets de leurs villes. Ainsi, l’expérience de Lac-Mégantic peut être inspirante pour bien d’autres municipalités. Un rapport d’étape est disponible en ligne et, bientôt, une nouvelle publication, réalisée par le Bureau de reconstruction et Convercité, l’organisme responsable de l’animation de la participation citoyenne, permettra d’en apprendre davantage sur la démarche. Cette publication constituera un outil supplémentaire pour aider les municipalités à se préparer aux défis de la planification territoriale en incluant la population. Elle présentera les succès de la démarche, mais aussi les difficultés rencontrées et les apprentissages tirés de cette aventure, offrant ainsi une perspective unique sur la participation citoyenne, ses outils et ses stratégies, dans un contexte traditionnel ou postcatastrophe.

CONTACT
Stéphane Lavallée,
Directeur du Bureau de reconstruction du centre-ville, Ville de Lac-Mégantic

Norme 3019-190 sur l’aménagement des aires de stationnement

UNE PREMIÈRE NORME OFFICIELLE AU QUÉBEC EN MATIÈRE D’URBANISME

© G. Laliberté, photo du guide, 2015.

© G. Laliberté, photo du guide, 2015.

La norme 3019-190 a été adoptée en 2013 par le Bureau de normalisation du Québec afin de lutter contre les îlots de chaleur en milieu urbain par une meilleure conception des aires de stationnement. Il s’agit de la première norme d’un organisme de normalisation accrédité concernant les stationnements « verts » au Québec. Comme les stationnements verts sont un concept relativement récent au Québec et qu’il existe peu de données précises sur ce sujet, cette norme prend plutôt la forme d’un guide des meilleures pratiques. Il a été élaboré grâce à la participation de différents acteurs représentant trois différents groupes d’intérêt : les fournisseurs de produits et services (Association des paysagistes professionnels du Québec, pépiniéristes, etc.), les utilisateurs et gestionnaires (municipalités, Société Parc-Auto du Québec, etc.) et, finalement, l’intérêt général et les experts (Ouranos, École d’architecture de paysage de l’UdeM, etc.). Les grands principes de conception mis de l’avant par ce guide sont :

  • la réduction de la superficie de l’aire de stationnement;
  • le verdissement des aires de stationnement;
  • la gestion des eaux de pluie sur le site;
  • l’utilisation de surfaces avec une réflectance solaire élevée ou une forte perméabilité.

Un outil voué aux concepteurs et aux municipalités

Cette norme  permet aux concepteurs de mieux défendre auprès des chargés de projet le choix d’intégrer des éléments de design visant à réduire les effets des îlots de chaleur. Elle offre un cadre de travail aux municipalités qui souhaitent modifier leur réglementation afin de mieux gérer la construction de stationnements sur leur territoire.

La participation bénévole des représentants des différents groupes d’intérêt ainsi qu’un soutien financier de diverses organisations (Ville de Montréal, Fonds vert du gouvernement du Québec, MAMOT, Ouranos et Ressources naturelles Canada) ont permis de rendre la norme disponible gratuitement. La gratuité du guide est spécifiquement attribuée à la Ville de Montréal et au Fonds vert, et vise à faciliter sa diffusion et, par conséquent, à augmenter la présence de stationnements intégrant des mesures de mitigation des îlots de chaleur. Par ailleurs, compte tenu des données limitées sur les stationnements verts en contexte québécois, une plus grande application de ce type de conception permettrait de collecter des données empiriques afin d’améliorer les connaissances sur le sujet.

CONTACT
Paul Gardon, ing.
Bureau de normalisation du Québec

Le village en haut du ruisseau à Dieppe

PROJET PILOTE MODÈLE DE DESIGN DE QUARTIER DURABLE

© TriDev Corporation

Le développement résidentiel en région est très souvent un grand consommateur d’espace. La conception du « Village en haut du ruisseau » vise au contraire à conserver une grande partie du boisé existant et à rentabiliser l’installation d’infrastructures en densifiant les résidences dans les nouveaux développements.

En 2004, le promoteur TriDev Corporation, souhaitant développer un lotissement résidentiel, demande un changement de zonage à la Municipalité de Dieppe. C’est à cette occasion que la Municipalité, en partenariat avec la province du Nouveau-Brunswick, propose au développeur de réaliser un projet pilote de DECOD (design de collectivité durable) pour concevoir un lotissement respectant les principes du développement durable. En 2009, une première phase est lancée, et en 2015, c’est la sixième phase qui commence.

Un amalgame de bonnes pratiques

Le terrain développé compte 12,5 hectares, dont 8,5 sont conservés au titre d’espaces sensibles ou significatifs. Sur les trois hectares restants, 217 logements seront construits grâce à la réduction de la taille des terrains et 20 % d’entre eux sont des logements plus abordables. La réduction de la taille des terrains dédiés aux habitations attire également des résidents qui ne souhaitent pas avoir un grand terrain à entretenir, mais qui veulent vivre dans un environnement de qualité grâce à la grande part d’arbres matures conservés. D’autre part, le coût d’installation et d’entretien des infrastructures est réduit, puisque celles-ci desservent un grand nombre de résidences pour un déploiement limité.

De nombreuses études ont été réalisées pour caractériser le terrain à développer. Une fois les espaces naturels à conserver déterminés, le développement résidentiel est conçu dans les espaces qui n’ont pas d’intérêt naturel particulier. Il a été choisi de construire les rues dans une logique est-ouest pour assurer un ensoleillement optimal et de grands arbres matures sont conservés au nord du lotissement pour protéger les habitations des vents hivernaux.

Ce projet est un exemple de conception conjointe où le temps et le travail ont permis d’améliorer significativement la qualité du développement résidentiel. Le promoteur pourra construire 217 logements, alors que le zonage initial en permettait seulement cinq. La municipalité a également pu grandement accroître ses recettes fiscales et rentabiliser le déploiement des infrastructures. Des étudiants ont aussi participé au projet, notamment la School of Planning de l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse et le groupe Littoral et vie de l’Université de Moncton.

Contact

André Frenette
Directeur du Service de planification et de développement, Ville de Dieppe

Projet Bonaventure : de l’autoroute au boulevard

Passer de coupure à vitrine à l’entrée de la Ville
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© Ville de Montréal
Le tronçon de l’autoroute Bonaventure situé entre le milieu du canal de Lachine et la rue Notre-Dame, où les voies rapides prenaient fin, appartenait à la Ville de Montréal jusqu’à sa démolition en 2016. En effet, plutôt que d’investir pour prolonger la vie utile de cette structure sur pilotis construite en 1966, la Ville a choisi de la remplacer par un boulevard urbain au niveau du sol. Cette opération d’envergure, qui constitue le cœur du Projet Bonaventure, permet de renouveler une entrée majeure du centre-ville, de retisser les liens entre les secteurs lui étant adjacents et de soutenir le redéveloppement urbain.

L’accès au centre-ville revêt une importance fondamentale pour le développement de Montréal. Le centre-ville représente toutefois un environnement urbain dense et complexe qui constitue à la fois une destination et un milieu de vie. La Ville doit donc s’assurer que les infrastructures de transport s’y intègrent en conséquence.

Le boulevard urbain change la configuration des rues du secteur. Les voies autoroutières se terminent désormais à la rue Wellington, et les intersections avec les rues transversales sont gérées à l’aide de feux de circulation. Des voies réservées aux autobus ont été implantées de même qu’un système de transport intelligent (STI) permettant la gestion dynamique des feux de circulation. Des infrastructures de qualité pour les piétons ont été aménagées. Des aménagements cyclables ont également été implantés dans les rues avoisinantes.

De l’art public qui côtoie des aires de jeux et de repos

L’espace libéré par la démolition de l’autoroute a été transformé en une importante séquence de lieux publics. Celle-ci contribue à améliorer la qualité de vie des résidents. Un total de 24 000 mètres carrés d’espaces publics a été aménagé afin de répondre au manque de lieux publics dans le secteur. Une importante proportion des surfaces minéralisées est maintenant composée de matériaux perméables. Par ailleurs, le projet contribue au verdissement du centre-ville de Montréal par la plantation de plus de 300 nouveaux arbres. Chaque extrémité de la séquence de lieux publics présente une œuvre d’art majeure; une de l’artiste espagnol de renommée internationale Jaume Plensa au Sud et l’autre de l’artiste montréalais Michel de Broin au Nord.

CONTACT

Pierre Sainte-Marie, urbaniste
Chef de division, Service des infrastructures, de la voirie et des transports