Projet de rue partagée de Dijon dans l’arrondissement de Montréal-Nord

L’ÉNERGIE COLLECTIVE POUR CRÉER DES ESPACES PUBLICS HABITÉS
© Arr. Montréal-Nord, Convercité, Pépinière et co. et Un itinéraire pour tous

Dans un secteur dépourvu d’espaces publics de qualité et pourtant fréquenté par un grand nombre d’usagers, le secteur communautaire et les citoyens se sont mobilisés pour transformer une rue en un espace de rencontre, d’amusement et de réappropriation collective.

Le Corridor vert des cinq écoles est un projet porté par plusieurs intervenants de Montréal-Nord. Sur un territoire d’un demi-kilomètre carré se concentrent cinq écoles, deux parcs, un aréna, une bibliothèque et une salle de spectacles. Chaque jour, près de 6 000 écoliers, enseignants, parents, fréquentent le secteur en plus des nombreux usagers des parcs et de l’aréna.

Malgré ce fort potentiel, les espaces publics étaient peu investis par la population : cette zone souffre d’un manque de végétation et d’une absence de connexions entre chacun de ses pôles. L’aménagement déficient du secteur se faisait particulièrement sentir dans ce quartier qui connaît un niveau de défavorisation matérielle et sociale plus élevé que la moyenne.

Une stratégie participative d’animation urbaine

L’arrondissement s’est appuyé sur la concertation avec le milieu dès les étapes initiales de conception, dans une perspective de cocréation. Les deux commissions scolaires ainsi que la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) ont joué un rôle de premier plan dans le processus.

Un des principaux projets du Corridor vert est la mise en place d’une rue partagée sur la rue Dijon. Cette rue souffrait particulièrement d’un manque d’animation. Durant trois séances de consultations, l’ensemble du milieu a développé un concept pour donner vie à cet espace, notamment grâce à un mobilier urbain en partie construit par les élèves de l’école voisine.

Trois tronçons de la rue Dijon seront transformés graduellement en rue partagée. Chaque année, des installations temporaires et ludiques seront déployées sur un tronçon et seront remplacées l’année suivante par des aménagements permanents. Les installations seront ainsi déplacées de manière graduelle dans le but d’insuffler une nouvelle énergie aux tronçons de la rue Dijon. Tout ceci a permis de mettre au monde un projet innovant pour la communauté : un espace dédié aux familles avec des aménagements ludiques et une foule d’activités estivales.

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Stéphanie Lavigne, urbaniste
Conseillère en aménagement à la Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises

Projet de requalification du secteur Champ-de-Mars à Montréal

LA PLANIFICATION URBAINE À L’HEURE DE LA VILLE INTELLIGENTE ET CRÉATIVE
© Ville de Montréal

En prévision de son 375e anniversaire, la Ville de Montréal souhaite réparer la coupure dans le tissu urbain occasionné par l’autoroute Ville-Marie. Face à cette problématique, la Ville a lancé une démarche de requalification urbaine. Le « projet Secteur Champ-de-Mars » vise à mettre en valeur un réseau d’espaces publics de grande qualité, à retisser les liens entre le secteur du centre-ville et le Vieux-Montréal et à atténuer le caractère autoroutier du secteur.

Le projet intègre activement le citoyen dans toutes les étapes du processus de conception et de mise en œuvre. Le procédé est notable, car il est significatif du changement de paradigme de l’urbanisme opérationnel. En effet, la démarche, éprouvée dans les processus d’écriture des documents de planification ou dans la mise en place de projets d’urbanisme tactique, l’est moins pour des projets d’urbanisme opérationnel d’une telle ampleur.

Intégrer les citoyens dans la réflexion d’aménagement

L’implication citoyenne a permis d’identifier plusieurs enjeux liés à l’appropriation du secteur par les usagers, à la convivialité des liens de mobilité, à la qualité de l’aménagement urbain, à la mise en valeur d’un patrimoine riche et diversifié et à la mise en valeur des paysages monumentaux. De ces enjeux découlent les grands objectifs qui reflètent les aspirations et les valeurs de la communauté :

  • FAVORISER la participation citoyenne;
  • CRÉER un réseau d’espaces publics accueillants, animés et plus verts;
  • TISSER des liens avec les autres quartiers;
  • AMÉLIORER l’animation urbaine et la cohabitation entre les différents usagers de l’espace public;
  • ATTÉNUER l’ambiance autoroutière et bonifier les parcours piétonniers;
  • METTRE en valeur le patrimoine urbain.

La participation citoyenne, jalonnée par deux ateliers de coconception, a été étirée dans le temps après le premier évènement grâce à une plateforme interactive ouverte sur une période de quelques semaines. Ce temps de sollicitation a été établi pour maximiser le nombre de participants tout en conservant le caractère ponctuel et attrayant du processus. Cette démarche itérative a permis de mettre à profit le potentiel créatif des citoyens et l’expertise municipale. Dans un contexte organisationnel semblable, elle pourrait être répétée pour mettre en œuvre d’autres projets urbains ambitieux afin de rallier les volontés politiques, les aspirations citoyennes et l’expertise professionnelle.

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Claude Laurin, architecte
Chef de division, Division des projets urbains, Direction de l’urbanisme, Service de la mise en valeur du territoire, Ville de Montréal

Programme particulier d’urbanisme du centre-ville de Chibougamau

LA NORDICITÉ AU CŒUR DE LA REVITALISATION URBAINE
© L’Atelier Urbain, 2016.

À travers la planification de son centre-ville, Chibougamau a la volonté de redéfinir et d’affirmer l’identité de sa communauté : celle d’une communauté forte de sa nordicité, appartenant à une ville centre du nord du Québec. Située au nord du 49e parallèle, Chibougamau se démarque par son urbanité insulaire au cœur de la forêt boréale. La ville est située au carrefour de plusieurs cultures et communautés. Toutefois, Chibougamau est confrontée à un défi d’attraction et de rétention de nouveaux arrivants. Le conseil municipal a donc décidé de miser sur l’identité unique de la ville, à la fois nordique et urbaine. De ce pari est née son image de marque « Chibougamau, latitude nordique », ainsi que le projet de revitalisation de son centre-ville « Chibougamau, le centre-ville du Nord ».

Sur la base des résultats d’un sondage ayant rassemblé plus de 800 répondants et par diverses rencontres avec des acteurs clés, la municipalité a développé une vision d’aménagement s’appuyant sur la volonté des citoyens d’apprivoiser l’hiver à travers l’aménagement urbain.

L’aménagement nordique comme nouveau principe de développement

La Ville s’est inspirée des meilleures pratiques en aménagement nordique, notamment la vision stratégique d’Edmonton visant à en faire un chef de file des villes d’hiver, les déplacements hivernaux actifs dans les villes scandinaves, les pistes multifonctionnelles hivernales d’Anchorage, etc.

Chibougamau fait donc le pari de l’audace avec le concept d’aménagement proposé dans le PPU. Il se décline en trois axes: « Pôle du nord », « Chaleureuse nordicité » et « De nature urbaine ». L’accent est mis sur la revitalisation des fonctions commerciales et récréatives en toute saison. Une originalité majeure : les rues et les espaces publics seront conçus pour demeurer animés (facilitation des déplacements doux, travail sur les espaces publics, etc.) et pour être convertibles avec une « version été » et une « version hiver ». Cela passe notamment par l’implantation d’une piste cyclable multifonctionnelle quatre saisons en plein centre-ville, par des avancées de trottoir facilitant le déneigement, des terrasses ou encore un design saisonnier avec des bacs à fleurs en été et des statues de glaces et des foyers l’hiver. Au centre de cette réalité, l’interculturalité ; le design des espaces et du mobilier intégrera les références symboliques de la communauté Cri, dans une volonté de permettre l’appropriation des espaces par tous et ainsi le rapprochement entre autochtones et Jamésiens.

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Patrick Lachapelle, urbaniste
Chargé de projets en urbanisme, Ville de Chibougamau

Outil de réduction de la dépendance à l’automobile dans l’arrondissement Saint-Laurent

UN TRAITEMENT PRÉVENTIF CONTRE LA DÉPENDANCE À L’AUTO SOLO
© Ville de Montréal, 2016.

La dépendance à l’automobile constitue aujourd’hui un enjeu prioritaire à travers le monde. À la lumière des principes du développement durable, l’arrondissement de Saint-Laurent a émis pour la première fois à Montréal un plan de gestion des déplacements (PGD) pour les demandes de permis de construction ou de certificats d’autorisation concernant les projets non résidentiels générant plus de 100 cases de stationnement.

Cette initiative a été possible grâce à la collaboration étroite avec MOBA et le Centre de gestion des déplacements (CGD) de l’ouest métropolitain. Les CGD du Québec sont mandatés par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports pour réaliser ces PGD.

La mobilité durable au service de tous

Le PGD est un outil de gestion de la demande en transport et s’adresse aux employeurs qui sont de grands générateurs de déplacements. Cette nouvelle mesure a comme objectifs la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la réduction de la dépendance à l’automobile, deux enjeux sur lesquels les municipalités sont appelées à se positionner et à agir. Elle se distingue d’ailleurs des plans de gestions habituellement recommandés en utilisant comme critère non pas le nombre de déplacements générés, mais le nombre de places de stationnement construites.

Cette réglementation exige des employeurs de prévoir des mesures minimales de diminution de l’auto solo, à la fois dans la conception du bâtiment (ex. : installation d’un stationnement pour vélos couvert et sécurisé) ainsi que dans les gestions des usagers (ex. : rabais aux employés sur les titres de transport collectif). Cette réglementation a aussi pour avantage de mener les entreprises à réfléchir en amont à leurs besoins en matière de transport, dès la construction, en plus de s’adapter à l’évolution des besoins en matière de transports alternatifs, puisque le plan doit être révisé aux trois ans.

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Josiane Paradis, urbaniste stagiaire
Chargée de projet en transport durable chez MOBA

Écoquartier le domain Kogan à Rivière-du-loup

Démarche de conceptualisation de projet exemplaire

© Ville de Rivière-du-loup, 2015.

Le projet d’écoquartier du domaine Kogan est constitué d’une friche industrielle et d’un terrain commercial privé pour une superficie totale de moins de deux hectares. Le concept d’aménagement adopte plusieurs mesures permettant de réduire la consommation d’énergie tout en maximisant l’utilisation de celle-ci. L’objectif est de construire 200 logements avec des ratios de stationnement réduits et en sous-terrain, des bâtiments mitoyens, des rues étroites et végétalisées, une mixité d’usages, des toits verts et des espaces verts partagés.

La prise en charge du développement par la Ville

L’aspect innovant du domaine Kogan réside d’une part dans la démarche de gestion et de conceptualisation du projet, et d’autre part dans la qualité des réalisations prévues. La Ville de Rivière-du-Loup a choisi d’être le maître d’ouvrage du projet et d’utiliser les compétences présentes au sein de son administration municipale afin d’assurer une conception concertée et ancrée dans la réalité locale. Le comité de travail intègre également des experts externes de Vivre en ville, qui offrent un soutien dans la conception du projet. Cette démarche concertée nécessite des délais plus longs, mais ce développement de l’écoquartier servira de levier pour le développement futur de la ville. Le fait que la Ville demeure responsable du projet de la conception à la vente des lots permet d’assurer le respect des critères d’aménagement développés dans la mise en œuvre.

Le quartier est conçu à l’échelle humaine avec des bâtiments de quatre étages et moins répartis sur 17 lots qui seront développés par des promoteurs différents et par l’autopromotion afin d’assurer une multiplicité des formes et des modes d’habitation. Les réalisations de l’écoquartier en matière de développement durable intègrent également la gestion de l’eau à différentes échelles (toits verts, terrain, site, puis écosystème).

© Ville de Rivière-du-loup, 2015.

La localisation de l’écoquartier sur une friche industrielle dans le centre-ville de Rivière-du-Loup et sa connectivité, tant à la rue principale qu’aux éléments naturels à proximité, ajoutent au caractère durable du projet. La trame urbaine du quartier prévu complète la trame existante et permet de renforcer des liens piétonniers déjà réalisés. Nous ne sommes donc pas ici dans un contexte où l’on utilise l’appellation « écoquartier » pour promouvoir la densification de sites excentrés ou peu propices à l’urbanisation ; on utilise au contraire les propriétés de l’écoquartier pour dynamiser un centre-ville existant.

Contact
Myriam Marquis, urbaniste
Directrice de l’urbanisme, Ville de Rivière-du-Loup